D-cadence-sensuelle

Un univers virtuel dédié aux plaisirs et à ses digressions, aux jouissances voluptueuses et autres divines réjouissances.

11 octobre 2009

Minuit 11

Minuit 11. Mardi 12 mai. Nous n’avons plus qu’à inventer le 13. Les jours se sont écoulés. Les notes s’égrènent. Vous êtes là, comme un rêve éveillé, un possible, enfin. Je suis là à tes côtés, proche, si proche. Quelques éclairs dessinent le ciel angevin, la pluie frappe au carreau sans vouloir s’inviter. Je laisse filer la plume, je sais qu’elle me mènera à vous, à toi, à moi, à Nous.


Ais-je peur de ce qui sera ?
Je vous ai dit que non…
si…
peut-être…
oui…
sans doute.

Dois-je craindre cette peur ?
Demain me le dira, demain déjà.
Un jour…
peut être…
un jour…
ce jour,
demain,
aujourd’hui,

Cet instant rêvé, je dois encore rêver. Mais je sais, je sais que cette nuit sera un rêve, une échappée belle, simple, douce, sensuelle, légère. Oui, je sais…

Et de cela je n’ai nulle peur. J’ai envie d’être à vos côtés, me nourrir de vos silences, laisser glisser sans fin mes mains sur votre peau, mouvement éternel infini léger et fluide. Toi et moi, ces deux intimes inconnus, juste un homme et une femme, juste nous deux réalisant le plus doux des rêves. Qu’attendre de cette nuit ? Suspendre le temps et le garder pour nous. Ne penser qu’à soi et laisser nos lèvres suivre les chemins qui se présenteront à elles, sans aucun mal, sans aucune culpabilité, sans manipulation, ni domination, ni soumission, laisser couler la vie, la contempler et la caresser. Je veux être à nu devant toi, je t’offre tout, sans fard, sans artifice, je veux m’émouvoir, je veux t’émouvoir.

Récolter le sel de la vie, faire de nos corps une vaste étendue d’émotions, fermer les yeux et ressentir.


fermer les yeux…

ouvrir les lèvres…

approcher…

effleurer…

goûter…

partager…

ouvrir les yeux…

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05 octobre 2009

Tourments

Un commentaire, un lien, je m'échappe vers un monde de tourments. Le regard retenu par le haut de page d'abord. Ensuite je parcours rapidement de haut en bas. Je note la finesse et l'élégance de la demeure, chose rare l'objet est un homme, et chose encore plus rare tout y est à sa juste mesure sans excès. Je m'arrête sur un titre. Cuir... cuirs. Je lis. Premières phrases, premiers souvenirs. J'ai écrit sur ce cuir.

Pour les souvenirs qui m'ont été offerts, je vous invite à découvrir les tourments de Maîtresse Cassandre.

Tourments

Et si vous le souhaitez à re-lire ou découvrir le cuir de mes mots :

Du cuir, je veux m’imprégner. Du cuir, je veux gouter aux plaisirs de ta chair. Fouetter mon sang contre mes parois empourprées, pourpres d’avoir étaient frappées par tant de désirs inaboutis. Me laisser inonder et ne penser qu’à une chose, ton cuir sur ma peau délicate. Ton cuir, sur cette chair blanche et fragile. Ton cuir d’amazone cinglant mes flancs, laissant ça et là des stries rouges, de beaux trophées à garder en secret, car personne ne doit savoir. Effleure en surface, tempête l’intime. De belles choses que nous sommes seuls à comprendre, des marques, certaines passeront, d’autres resteront, là, simplement là, dans mon cuir, tatouage de feu, une flamme de cuir.

Je veux sentir ton cuir, le renifler comme un chien affamé, le lécher pour nettoyer tes pêchés, le frotter pour exhiber nos jouissances, le lustrer pour t’offrir un reflet, miroir de ta féminité, contours de moi. Tu porteras sur moi tes zébrures de cuir, enveloppe corporelle, femme Maîtresse, violant mon corps et libérant mon être. Violine, folle de nos contes d’adultes. Je le sens, ton cuir, santal enivrant, odeur d’abandon, fauve, sauvage et cru. Monte a cru, monte sur moi, ma queue dressée fière au vent, étalon innocent, incapable d’envisager son pouvoir propre. Ce cuir, ce cuir qui claque, qui fouette, qui fait agenouiller les hommes à tes pieds. Qui rend les caresses cuisantes, qui les font pénétrer dans les entrailles, interstices d’âmes perdues. Ils te vénèrent ainsi, toi amazone, impératrice sans aucun doute. Une chasseresse de cuir, reine des nuits les plus sombres. Soumission volontaire, offrande consciente et pesée. A tes pieds ils se couchent, ton cuir, ils le lèchent, ton cuir ils l’espèrent.

Je veux ton cuir. Je veux ton cuir sombre. Je veux ton cuir lumineux. Je veux ta part d’ombre. Je veux ta part de lumière. Je veux y graver une parcelle de moi, ici, sur ce cuir, ton cuir, y greffer mon cuir. Une éternité à t’offrir. Quatre tours d’aiguilles, la plus petite. Mes mains seront des trotteuses qui marqueront ton cadran, elles marqueront ton cuir de mes lettres romaines. Ton cuir, inscription au fer rouge de nos baisers, l’imprimer à l’encre colorée, essence de nos rêves. Un fétiche unique, un talisman contre tes nuits noires. Un gouffre pour moi, un gouffre de cuir. Du cuir, je l’espère, je fermerai les yeux, et garderai en moi des étoiles de cuir, noir, ocre, brun, rouge, blanc. Parce que le cuir peut être blanc, il peut aussi devenir peau, douceur, infinie. Il peut être rude, intraitable, rugueux. J’aime ton cuir, ta peau. Un drapeau, une nation intimiste, un monde à partager seul avec toi. Car je veux ton cuir, je veux ta peau, la tanner, la travailler, la colorer. Quiero tu piel, mon amazone. Prend les rennes, bien serré, le mors jusqu’aux dents, mes cris douloureux, plaisir ancestral. Sens ! Sens,  comme je suis dur! Bandé, arqué, prêt à lancer mes flèches, sur cette cible de cuir, le cuir tendu. Du cuir, dans ma bouche, du cuir dans mon cul, du cuir sur ma peau, du cuir dans mes mots, de ton cuir, je te dépouillerai.

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26 septembre 2009

Ne me dites pas

J'ai envie de faire une folie et je n'ai pas envie de m'en retenir. J'ai envie de laisser mon souffle accélérer à la lumière du jour comme à l'éclat des lunes à venir. Folie douce que de laisser les rêves s'emparer de nous, de moi, de vous. Je vous donne rendez-vous. Je vous invite à me rejoindre au bord du fleuve. Remontez le cours de l'eau jusqu'à vous échouer à mes pieds. Laissez vous porter par le rythme des heures qui pourraient nous rapprocher.

Vous me trouverez dans cette chambre comme sur une rive lointaine. Peut-être vous y trouverais-je aussi, peut être pas. Peut-être y serez vous la première, peut être m'attendrez vous dans ma chambre. Je suppose qu'il vous suffirait de dire que vous êtes mon amie pour que sésame se fasse même en mon absence. Mon cœur battra la chamade lorsque les kilomètres me rapprocheront de cet instant, ma vue se troublera lorsque je foulerai le sol de cet hôtel, ma main tremblera lorsque je glisserai la clef dans la serrure, et mon cœur ne cessera de tambouriner lorsque je pousserai la porte pour peut-être vous découvrir.

Peut-être y serais-je le premier... et le seul. Peu m'importe, ne me dites pas si vous avez décidé de venir ou de ne pas venir. Ne me dites pas si vous pouvez venir ou si vous ne pouvez pas venir. Ne me dites rien à ce sujet avant que l'aube marquant la fin de ce rendez vous ne laisse place aux rayons d'un soleil d'automne que je veux radieux. Laissez l'intensité s'installer, laissez la vie nous emporter dans l'espoir de nos baisers. Laissez mon coeur battre au fil des jours et des heures qui s'écouleront. Laissez moi la chance de rêver que peut être vous viendrez. Rêvez avec moi, donnez-moi la main et peut être ouvrirai-je mes yeux ce jour là sur votre visage endormi et pacifié.

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17 septembre 2009

23h00

1 - Ouvrir

Enfin vous êtes à moi, assise face à votre écran. Espérant depuis longtemps pouvoir enfin ouvrir onze fois ces messages. Vous ouvrir onze fois à moi. J'ai envie de prolonger longtemps ce moment. Pouvoir vous regarder longuement. Une approche où vous serez habillée. Une approche où je vous envelopperai doucement. Prenant votre mesure, prenant la mesure de mon propre pouvoir sur vous. Espérant que ce Nous puisse être et faire de jolies choses. Vous ne bougez pas. Je ne vous demande pas de le faire. Un foulard parfumé vient vous rendre aveugle au sens premier. Ouverte à tous les autres. Une approche, une attente. Une approche comme un regard sans fard vous caressant du bout des cils.


2 - Déshabiller

Je vous déshabille, doucement, le plus lentement du monde, posant enfin mes doigts sur votre peau, la dévoilant dans l'ombre de cette pièce seulement lumineuse de l'écran qui projette en vous les mots que vous lisez. Je vous effeuille en silence entourée de mon parfum. J'ai envie de vous endormir pour vous retenir à jamais entre mes mains et faire de vous ce que je souhaite. Un baiser suffira-t-il à vous réveiller ? Un baiser suffira-t-il pour vous déshabiller. J'effleure le tissu, votre grain de coton blanc, je trace une longue ligne rouge de votre nuque à la naissance de vos reins. Graphique. Sobre. Discret. Secret. Frissons parallèles, perpendiculaires. Envie de plus. Envie pas plus, juste cela et rien d'autre.


3 - Frissons

Nue vous êtes nue, parfaitement nue. Votre peau frissonne, elle recueille la fraicheur d'un printemps qui n'est pas encore, elle cultive la moiteur d'un été qui se prépare. Cette fois ce ne sont plus mes doigts mes ma langue qui vous marque. Le cou... sous l'oreille, vous lécher, vous goûter. Vous souriez, séduite, transportée. Vous frissonnez encore. Encore... dites le encore... dites moi "encore" Vous êtes à ma merci, sans défense devant mon désir de vous apporter ce bonheur pimenté. Enfin mes lèvres se posent sur les votre. Surprise, d'abord confuse vous ne réagissez pas. Puis enfin vous semblez prendre faim, encore... je le lis sur vos lèvres, mais je me recule. Vous observe, vous reprenez votre calme, presque figée...


4 - Onduler

Presque figée... pas tout à fait je vois votre bassin onduler légèrement, appel de vos autres lèvres qui piaillent d'impatience. Je glisse ma langue au coin de vos lèvres, recueille votre salive, m'en délecte. J'aime vous embrassez de la sorte, rencontrez votre langue prête à saisir la moindre occasion. Mon regard se pose sur vos courbes. Mes mains glissent dans votre dos, mes lèvres se fondent aux votre et ce sont vos mains qui s'animent qui me parcourent aveuglées par votre désir elles recherchent, imaginent, trouvent. Je vous trouve sensible... très sensible... trop ? non jamais. Laissez vous envelopper par cette envie d'étreinte. Laissez vous étreindre par ces mots et pensées enveloppantes.


5 - Caresser

J'ôte votre bandeau, vous retrouvez la vue et vos sens au complet. Je veux que votre main caresse doucement vos seins, délicatement, juste effleurer, longtemps, longtemps, calmement... laissez agir, laissez pousser ce petit tiraillement que vous ressentez entre vos cuisses, ce délicieux tiraillement que je n'ai eu de cesse de provoquer la journée durant. Je vous ai tourmenté, je veux vous tourmenter encore. Jouez avec la pointe de vos seins, aiguisez les, doucement d'abord, comme si les lèvres d'une femme se posaient sur vos seins pour les lécher, les aspirer doucement, comme si j'étais cette femme douce, légère et prégnante. Laissez vous envahir par toutes ces images qui vous assaillent.


6 - Glisser

Changeons de rythme, une main glisse entre vos cuisses... doucement... prenez le temps. Écartez les jambes d'abord. Je veux que vous sentiez mon souffle entre vos cuisses, sur votre cuisse gauche, puis à droite... enfin en votre centre. J'observe. Votre main se place à l'orée, juste à l'orée de cette luisante clairière prise d'une rosée nocturne, étrange mais belle. L'autre serre votre sein. Le pince, le griffe, l'étire. Et votre souffle, j'entends votre souffle, il s'accélère. Difficile exercice d'équilibre entre le gouffre qui vous tend les bras et les plaines radieuses que je vous offre... mais ne plongez pas. Provoquez, n'ayez de cesse de provoquer mais ne plongez pas votre main entre vos cuisses. Juste posée..


7 - Equilibre

Faites le. 5 minutes. C'est votre récréation. Mais une récréation n'est qu'un premier pas. Profitez en mais ne vous laissez pas envahir, dans 5 minutes la rentrée des classes sonnera et vous ne pouvez plonger maintenant. Oui, exercice difficile, exercice périlleux. Mais je vous le demande, faites le sans plonger. Quitte à le faire négligemment quitte à ne glisser entre vos lèvres qu'un index discret et paresseux. Provoquez ces petites ondes électriques comme je le ferai en jouant de vous, en me jouant de votre équilibre, sans cesse à vous pousser au bord de ce précipice tout en vous retenant d'une main pour ne pas que vous plongiez votre corps au delà du rouge autorisé. Mais faites le.


8 - Choisir

Autre rythme, autre séquence. Je vous ai lu Geïsha, je vous ai lu complice de Monsieur Pyrex. A vous de choisir. Geïsha... Pyrex ou autre. Je veux être en vous cette fois... doucement, être présent, surement. Et encore une fois vous détailler, prendre le temps de voir le trouble vous envahir inexorablement. Choisissez. Vous avez besoin de souffler, il fait trop chaud ici... oui je sais... je ressens cette même chaleur, là au creux de mes montagnes, gravit par un pic tout autre. Je sais ce que vous faites et mes pensées sont concrètes, ma main sur mon sexe. Vous si loin, moi si proche. Prenez le temps, il nous appartient ce soir. Lorsque vous aurez choisi votre jouet, revenez devant votre écran, et lisez à nouveau.


9 - L'envie

L'objet est devant vous. Je vous autorise à vous en servir. Prenez ce plaisir que je vous offre mais ne le consommez qu'à moitié. Juste ressentir quelques ondes envahissantes. J'ai envie de vous baiser. Envie de baisers à échanger, de regards à fixer dans nos chairs. Envie que cela dure encore longtemps. J'ai envie de vous prendre de vous sentir tressaillir dans vos entrailles. Une main, un poing, je voudrais connaître cela comme je l'ai lu chez vous. Regardé presque ahuri ma main disparaître en vous sans arriver à détacher mon regard de votre sexe amputé de ma main, plein de cette même main. Débauchez-moi. Tourmentez-moi. Est-ce vous qui me débaucherez ? Est ce moi qui vous tourmenterai ?


10 - Échanger

Sans doute beaucoup des deux. J'ai finalement tant à apprendre, et vous tant à recevoir, nous avons nous deux tant de chose à échanger, tant de choses à nous donner. Échanger nos salives. Échanger nos peaux. Échanger nos caresses. Échanger nos mots. Échanger nos débauches. Vous donner mon sperme, me donner votre miel. Nous embrasser fort de nos foutres communs. Oui ce baiser qui scelle des secrets indicibles, intimes et inconcevables. Je vous prendrai. Je vous ouvrirai. Je vous lècherai. Je vous fesserai. Je vous grifferai. Je vous câlinerai. Je vous regarderai. Je vous ferai fondre. Je vous rendrai douce. Je vous ferai mienne. Vous me ferez votre. Et dans tout cela nous formerons un possible lumineux.


11 - Délivrance

La lumière de minuit approchant. Onze coups. Nous y voici. Délivrance ou frustration à nouveau ? Vais je te laisser ainsi, t'abandonner pour la nuit. Non je ne t'abandonnerai pas. Il est temps. Temps pour te dire que cette fois je veux que tu jouisses... oui mais tout de suite serait trop facile. Souviens toi de ces exemples qui n'en étaient pas, de ces demandes ainsi conjuguées au présent. Tes mains comme les miennes. Deux mots entre tes lèvres en haut comme en bas... "Encore". Sous une douche lancinante et chaude, envahissante, glisser le plug dans ton cul, le faire entrer, sortir et poursuivre. Te demander tout cela à la fois. Enfin jouir, enfin la délivrance avec cette image de moi abstraite, irréelle mais pourtant présente. Fais le.


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15 septembre 2009

Les corsets

Vous avez peut être lu dernièrement les tribulations de "Jean-Louis"

J'avais écrit ce texte sachant que Jean-Paul Four allait publier un prochain numéro de Luxure consacré exclusivement aux corsets.

Je lui ai donc proposé les maux de "Jean-Louis" pour illustration du cinquième numéro du webzine Luxure, et c'est avec plaisir qu'il a accepté d'héberger Jean-Louis. Je vous invite à découvrir son univers, si vous ne l'avez pas déjà fait. Bonne ballade à vous tous et toutes.

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29 août 2009

Chemins

Je vous conseille de vous baigner dans la musique de la "caresse du perdant" que vous trouverez en bas de cet article pour lire ce texte. C'est cette caresse qui a su faire naître ces mots là. Je remercie donc Chamylia pour l'inspiration qu'elle me procure.

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Le sable sous mes pieds, ce même sable qui me brulait la plante des pieds à l’automne de mon enfance. Ce sable dont j’ai depuis trop rarement foulé le grain. J’aime m’envoler dans ces vastes dunes d’or, lorsque la lumière décline et que le bord de mer est tout à moi. J’ai toujours apprécié être seul ici, rêver à ce qu’il pouvait y avoir de l’autre côté de cette mer, rêver aux autres enfants du bout du monde. Je marche le long de la ligne d’eau, l’écume échouant contre mes pieds me rappelant la caresse des saisons estivales quand, tout frais de ma presque puberté, nous ne pensions qu’à nous amuser, moi et les copains. Nous avions pour nous la confiance que l’on accorde aux garçons et nous nous sentions déjà grand assis sur nos bicross, le torse nu et doré, seulement vêtus de nos maillots de bain. Nous filions le long de la route qui mène au phare, longeant les canaux bordant cette Camargue secrète et interdite, nous dépassions les manades du bord de route en nous bouchant le nez pour ne pas succomber à l’odeur forte des chevaux blancs et gris, et nous filions fier comme des hommes la canne à pêche rivée au cadran de nos destriers. Le vent caressait nos jeunes peaux, aujourd’hui je me rappelle encore de cette sensation de liberté, c’était sans doute la première fois. La pêche n’était pas des plus miraculeuses mais quelques anguilles avaient bien voulu se laisser charmer par nos frêles hameçons. Nous étions rentrés fiers de nos quelques prises, montrant à nos mères le butin gagné de haute lutte lorsque le poisson s’était mis à s’agiter en tout sens et que comme des hommes il avait fallut le saisir fermement et l’assommer contre le rebord de la vanne. Je ne saurais dire qui était le héro de cet exploit, de fait je crois que nous nous le sommes tous approprié. Petits hommes solidaires et rêveurs que nous étions. Oui c’était ce même sable, cette même Camargue, et aujourd’hui si peu de choses ont changé ici que je me sens chez moi à chaque fois que je viens.

C’est à chaque fois la même histoire, que je sois seul ou pas, je m’envole vers mes souvenirs, fermant les yeux et profitant de ces instants uniques que la mer à su rendre possible. Lorsque le mois d’août était à son apogée nous courions tout notre saoul pour traverser le désert brulant et rejoindre le sable frais. Chacun avait sa technique, moi j’essayais de courir comme je pouvais sur les talons pour n’offrir à la morsure du sable que la corne de mes petits pieds d’indien courageux mais pas téméraire ! S’en suivaient de longues journées de soleil à s’activer entre enfance et adolescence, à regarder les plus grands, qui ne l’étaient finalement pas beaucoup plus que nous, à jouer au volley ou au foot. A les regarder en compagnie de ces jeunes filles à la peau hâlée, les regarder draguer sans trop savoir pourquoi je les regardais. Je me souviens de cette barrière légendaire qu’il nous était impossible de franchir, nous en parlions souvent en nous raillant les uns les autres, en inventant des histoires sur ce qu’il se passait là bas, là-bas où il fallait être nu pour pouvoir fouler le sable de la plage. Nous nous inventions des excursions immergés tels des requins dans l’eau, nous échappant à l’attention de nos parents pour nager plus à l’est et sans jamais immerger volant des images de corps nus, des corps qui n’étaient que sirènes et jamais mâles. Avouerais-je n’avoir jamais foulé ces rivages là ? C’est comme si je m’attachais un peu à mes rêves d’enfant, préférant imaginer la vie de cette plage interdite plutôt que de découvrir la vérité.

Finalement le temps passe et nous restons toujours un peu les mêmes. Est-cela que nous étions venu chercher mes meilleurs amis et moi lorsqu’à l’orée de nos vingt ans, la vie encore devant nous, tous trois nous nous étions mis à nu sur cette plage de septembre déserte. Amis pour la vie, amis même nu, même pas cap. Qui avait dit ça ? Je crois que personne ne l’avait dit, mais c’était bon de se sentir si proche, alors nous avons vécu cette scène improbable qui nous avait bien fait rire dans ce film ovni. Et nous avons courus dans les dunes, ivres de joie et d’amitié. J’y suis revenu encore d’autres fois, y emmenant des gens qui venaient de loin, leur montrant un peu du mystère du Rhône et de la mer. Il y a même eu ce jour de tempête où le vent soufflait si fort, il n’y avait plus de plage, les vagues mordaient doucement le pied des grandes dunes, j’ai marché pieds nus ce jour de novembre, il pouvait bien faire froid, il pouvait bien pleuvoir, personne ne m’enlèverait ce rendez-vous avec moi-même. Le sable me piquait les chevilles par grande bourrasque, moi je faisais corps avec cet espace de liberté, mélangeant l’Andalousie avec cette Camargue dont je ne sais rien. Imaginant les gens de ce pays fier, humble et pauvre. J’aurais aimé naître andalou ou gitan, est-ce cette image de force et de fierté qui me paraît si belle ? Est-ce ce que j’aurais aimé être ? Cette plage est belle à l’été comme en hiver, elle cache ce qu’elle a de plus secret car l’on ne voit d’elle que ses étendues de sable et ses dunes dégarnies. Pourtant derrière cette quiétude apparente, il y a les méandres du Rhône, les salins, les rizières, la beauté sauvage de ce qui est inaccessible

Je suis bien ici. Je suis bien assis sur ce sable, les genoux repliés contre moi. Mes bras servant d’arceaux à mes jambes pour les maintenir tout contre moi. Regardant l’horizon de cette mer d’encre, une mer paisible, j’ai l’impression de vivre un conte de fée, j’ai l’impression d’avoir vécu le voyage de Chihiro, d’être ce dragon qui trouve enfin la paix. J’attends que le soleil décline, que la lumière du jour se fasse douce. Je l’attends, elle, sans savoir l’heure, sans savoir si elle sera à mes côtés. Je refais ce chemin de mes pas inscrits dans le sable. Des pas d’enfant, des pas de garçon, des pas d’homme et je suis là à nouveau suivant mes traces et les découvrant sans cesse. Il ne fait pas très chaud ici, mais mon esprit n’a que faire des frissons de mon corps. Il s’en nourrit, il souhaite que ces frissons laissent place à la chaleur de son corps. Il souhaite même avoir très froid. Alors ces frissons deviennent miracles quand ils lui permettent de rêver encore d’elle. Les minutes passent doucement, j’ai laissé ma montre, je ne voulais pas prendre la mesure du temps, je voulais me perdre. Me perdre en quoi ? A nouveau ce petit garçon qui me dit qu’il n’a que faire de l’heure, le soleil et la lune lui suffisent, il saura bien lorsqu’il sera temps de rentrer. Je saurais bien lorsqu’il sera temps de revenir à la ville, de retrouver le rythme et de conserver mes rêves. Alors je rêve.

Je rêve qu’elle est là. J’entends ses pas sur le sable. Je sais que c’est elle, je sais que c’est son aura qui m’embrasse, qui me berce. Je ne cesse de regarder le flot des petites vagues qui grimpent sur la pente, redescendant toujours, lissant le gris du sable dans un mouvement perpétuel. Elle pose sa main sur mon épaule sans s’offrir à ma vue. Je rêve de paix. Elle m’offre cette paix. Existe-t-elle seulement dans mes rêves ? Est-ce bien le touché d’une main qui réchauffe mon épaule ? Est-ce seulement mon rêve ? Alors elle s’assoit à mes côtés, se met à regarder elle aussi l’horizon, partageant mes pensées comme mon silence. Elle se matérialise à moi, et cela me semble si naturel, c’est ainsi que je la voulais apparaître et c’est ainsi qu’elle est. Fallait-il craindre cet instant où je serai enfin cet homme construit si lentement au fil des étés ? J’ai ce soir l’impression d’être un homme, un homme qui saisit la main d’une femme, une main chaleureuse, une main aimante. Je ne me pose pas de question et me laisse envahir par cette immensité, la laissant pénétrer en moi calmement, laissant les vagues progresser en moi. Il y a le bruit apaisant de la mer et l’horizon rayonnant qu’elle m’offre. Il y a l’étendue de sable fin et doux tout autour, il y a derrière les dunes la nature sauvage de la Camargue. Je serre sa main, la porte à mes lèvres et lui baise chacun des doigts. Quatre baisers pour lui dire qui j’ai été. Un enfant discret et rêveur. Un adolescent timide et triste. Un jeune homme ambitieux et sincère. Un presque homme perdu en lui-même. Un baiser pour lui dire que je suis cet homme.



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27 août 2009

Scénario décadent

Ce matin, j'ai comme une envie. Une envie de te donner envie. Envie à en pleurer, à supplier. Envie que tu ne me vois pas venir. Envie que tu tombes dans mon piège, implacable et sans pitié.

Je pourrais m'y prendre comme ça...

Samedi matin, une fin d'été agréable. Un réveil en douceur.
-bonjour mon amour! j'ai une faim de loup...tu nous prépares le petit dej?
-j'y vais ma Divine! Reste encore un peu sous les draps!

Oui, tu as raison, je vais rester encore sous les draps...pour que les pièces du puzzle s'assemblent, pour que les rouages de ma mécanique infernale ne me lâchent pas au mauvais moment...

Un petit déjeuner comme les autres... un thé... Deux! Oh si mon chéri, prends en un deuxième! il est si bon ce thé!
Regard de velours. Sourire angélique.
Occuper le terrain pour ne pas saboter mon plan...
-Je vais à la salle de bain me préparer pendant que tu fais la vaisselle !
-Oui ma belle, prends ton temps!

Pas trop, il faut que je t'aie à l'oeil!

- A toi, vas-y! Après, j'aimerais bien qu'on aille faire quelques courses en ville.
- Oui, bonne idée!

J'attends... un petit tour aux toilettes; le thé chez moi ne fait que passer...

- Déjà?! formidable, on y va!
- attends, faut que j'aille d'abord aux toile...
- ah non, allez, on y va, tu trouveras bien un coin en route!

Pas le temps de protester, nous voilà en ville. Besoin de rien, j'ai l'esprit entièrement tourné vers lui. Je guette ses réactions. On entre dans un grand magasin. Il fait encore chaud en cette fin d'été. Je me dirige vers la fontaine d'eau fraiche.

- tu en veux aussi?
- ah non, j'ai déjà envie de..., alors je vais pas boire encore!
- bien sûr que si enfin! il faut boire par cette chaleur!

Pour la première fois, il me regarde avec un regard un peu interrogateur mais je lui renvoie un sourire tellement innocent qu'il boit sans broncher.

Le temps passe, et je le sens de plus en plus impatient.

- là, il faut que je trouve des toilettes parce qu'avec tout ce que tu m'as fait boire, je vais jamais tenir!
- comment ça, "tout ce que je t'ai fait boire"?! t'inquiète, on va en trouver!

Je traîne, je fouille, j'essaie des tenues que je n'achèterai pas. Il n'est plus avec moi. Ses traits se tendent.

On ressort du magasin, on flâne en ville, et soudain, il trouve une cabine.

- ah! enfin! attends moi, j'y vais
- Tu rigoles?! c'est glauque ces trucs! ah non, tu vas pas aller là-dedans!
- mais enfin, je..
- non, tu n'iras pas!

A ce moment là, je crois qu'il commence à comprendre, mais il ne proteste pas.
Je ne me presse pas. Je tiens sa main dans la mienne.
Une terrasse agréable:
- oh! viens, j'ai envie de prendre un verre au soleil!
Il me suit sans broncher mais au moment où il entre dans le bar, je lui demande
- mais tu vas où, là?
- ben, je vais...
- tsss, viens là!

Et il revient s'asseoir, avec dans le regard la même incrédulité, mélée de protestation qui restera muette.
Je commande deux grands verres d'eau pétillante, et nous restons installés de longues minutes, jusqu'à ce qu'il craque:

- qu'est-ce que tu fais? qu'est-ce que tu veux? je peux plus tenir, là!
- oh! quelle histoire pour trois fois rien! qu'est-ce que tu as? tu n'es pas capable de te retenir?!
- mais...tu ne te rends pas compte...
- si, d'ailleurs, attends moi là, faut que j'y aille aussi

Stupéfait par mon culot, il reste bouche bée et je m'éloigne avec un sourire satisfait.
Quand je reviens, je le retrouve les jambes croisées, serrées, et les traits crispés.

- Mon amour,s'il te plait... on est en ville, tu ne peux pas me demander...mais c'est pas possible!
- Tu as raison: ce n'est pas possible de se promener tranquille un samedi matin sans que tu me fasses un caprice pour un problème de vessie! t'avoueras que c'est rageant! Allez, on rentre!
- mais non, on est pas obligés de rentrer, laisse moi seulement...
- On rentre!

Il est à point. Il est à moi. Il le sait. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est jusqu'où je suis capable d'aller.
Le trajet en voiture est pour lui un véritable supplice. C'est moi qui ai pris le volant, et bien sûr, je n'évite aucun nid de poule!
En arrivant au chateau, il voudrait presser le pas mais c'est moi qui ai les clés et je prends tout mon temps. Sitôt la porte refermée, je lui explique qu'il n'ira nulle part sans ma permission. Ses épaules s'affaissent, il est vaincu, il a compris que je ne cèderais pas.

- va retirer ton pantalon, je crois que c'est préférable... Tu nous choisis un peu de musique? Je vais préparer le déjeuner.

Avant de passer en cuisine, je ne manque pas de me serrer contre son ventre, et de l'embrasser à pleine bouche. Le temps passe, sans que je retourne le voir au salon. Je sais qu'il ne tiendra plus très longtemps. Je sais aussi que se retenir davantage serait une vraie torture. Lorsque je décide de le rejoindre, je m'attends à le trouver tel que je le voulais.

Le regard baissé, terriblement gêné, il se tient debout, près de la cheminée, et il n'ose bouger, ni même me regarder. On dirait un petit garçon pris en faute.

- oh! mais qu'est-ce que tu as fait? C'est du propre! Viens là!

Il s'approche doucement, sans lever les yeux. Je le débarrasse de son slip mouillé et je m'installe sur le fauteuil.

- Viens ici, tu mérites une bonne fessée!

Obéissant, il s'allonge sur mes genoux, m'offrant ses jolies fesses que je claque avec délice. Et ce n'est que lorsque sa peau sera parée de jolies teintes carmins et que ses gémissements m'auront émue que je le prendrai dans mes bras.
Alors, il me demandera pardon. Je lui dirai de ne plus recommencer et il promettra...

Abus de pouvoir? Affirmatif!

Posté par caresse des sens à 20:18 - Des mots d'elles - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 août 2009

Jean-Louis

Elle me montre ses dessous, elle parade, des corsets à sa taille

Je la vois chienne, je la vois faussement innocente, je la veux à mes pieds

Elle ne me montre rien ou si peu, sans pouvoir la toucher, que mes yeux, que mes mots

Je la vois pute, je la vois pleine, je la vois catin, je la veux défoncée

Elle s’exhibe toujours vêtue, toujours cet objet à ses hanches

Je la vois écarter les cuisses, je la vois décharner son sexe, je la veux exhibée

Elle se joue de notre distance, joue les lointaines, me montre son nouveau serre taille, l’air de rien

Je la vois les seins éventés, je vois des marques, des yeux exorbités, je la veux le cul défoncé

Elle pose sans se dévoiler, elle me met au supplice, cache ses hanches sous le brillant satiné

Je vois sa bouche, grande ouverte envahie par des centaines de queues anonymes, je la veux béante

Elle distille sa présence, m’envoie quelques photos, toujours si prude, dans son dos le tissu enlacé

Je vois son visage souillé de sperme, je vois ses cheveux sales de pisse, je la veux ravagée

Elle me nargue avec sa taille de guêpe, toujours rehaussée d’un corset subtil, étoffe douce

Je la vois se faire prendre, se faire maltraiter, elle consent, elle demande, je la veux suppliante

Elle se croit immaculée, me raconte ses débauches, me les interdit, gainée de soie et d’orfèvres


Fuis avant que je ne te possède ! Fuis avant que je ne t’étouffe ! Continue ton manège, torture encore mes sens et tu paieras le prix cher, tu étoufferas sous l’étau du plus étroit de tes corsets. Tu jouais à me rendre fou, alors je laisserai libre court, je déchainerai mes instincts.

Fuis avant que je ne te prenne ! Fuis avant que mes mains ne te tienne ! Continue tes minauderies et tu ne seras plus que flaque essorée par ce corset que je lacerai à l’extrême, étouffant tes cris et tes pleurs par mon sexe dans ta gorge et la pression de la gaine.

Un cuir brut abrasant ta peau si douce, compressant tes hanches, le pourtour de ton ventre, enfonçant tes côtes. Joue toi de moi et je te réduirai au néant de tes entrailles, je redessinerai ton corps, réduisant l’espace de tes omoplates, serrant toujours plus fort, nouant la douleur dans ton souffle. Tu me diras alors s’il est toujours si bon de m’allumer, de t’offrir aux autres et de t’interdire à moi. Tu me diras cela dans un souffle lorsque tu seras mon pantin désarticulé, lorsque dans mes yeux la plus dure des flammes éclairera ton visage aveuglé de douleur, lorsque j’aurais embrasé tes cavités brulantes, lorsque j’aurai calfeutré ton buste. Tu m’obsèdes et je te le ferai payer. Alors fuis ! Fuis ce JE !

corset

Posté par maitre decadent à 12:43 - Les chemins de la soumission - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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