D-cadence-sensuelle

Un univers virtuel dédié aux plaisirs et à ses digressions, aux jouissances voluptueuses et autres divines réjouissances.

11 octobre 2009

Minuit 11

Minuit 11. Mardi 12 mai. Nous n’avons plus qu’à inventer le 13. Les jours se sont écoulés. Les notes s’égrènent. Vous êtes là, comme un rêve éveillé, un possible, enfin. Je suis là à tes côtés, proche, si proche. Quelques éclairs dessinent le ciel angevin, la pluie frappe au carreau sans vouloir s’inviter. Je laisse filer la plume, je sais qu’elle me mènera à vous, à toi, à moi, à Nous.


Ais-je peur de ce qui sera ?
Je vous ai dit que non…
si…
peut-être…
oui…
sans doute.

Dois-je craindre cette peur ?
Demain me le dira, demain déjà.
Un jour…
peut être…
un jour…
ce jour,
demain,
aujourd’hui,

Cet instant rêvé, je dois encore rêver. Mais je sais, je sais que cette nuit sera un rêve, une échappée belle, simple, douce, sensuelle, légère. Oui, je sais…

Et de cela je n’ai nulle peur. J’ai envie d’être à vos côtés, me nourrir de vos silences, laisser glisser sans fin mes mains sur votre peau, mouvement éternel infini léger et fluide. Toi et moi, ces deux intimes inconnus, juste un homme et une femme, juste nous deux réalisant le plus doux des rêves. Qu’attendre de cette nuit ? Suspendre le temps et le garder pour nous. Ne penser qu’à soi et laisser nos lèvres suivre les chemins qui se présenteront à elles, sans aucun mal, sans aucune culpabilité, sans manipulation, ni domination, ni soumission, laisser couler la vie, la contempler et la caresser. Je veux être à nu devant toi, je t’offre tout, sans fard, sans artifice, je veux m’émouvoir, je veux t’émouvoir.

Récolter le sel de la vie, faire de nos corps une vaste étendue d’émotions, fermer les yeux et ressentir.


fermer les yeux…

ouvrir les lèvres…

approcher…

effleurer…

goûter…

partager…

ouvrir les yeux…

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26 septembre 2009

Ne me dites pas

J'ai envie de faire une folie et je n'ai pas envie de m'en retenir. J'ai envie de laisser mon souffle accélérer à la lumière du jour comme à l'éclat des lunes à venir. Folie douce que de laisser les rêves s'emparer de nous, de moi, de vous. Je vous donne rendez-vous. Je vous invite à me rejoindre au bord du fleuve. Remontez le cours de l'eau jusqu'à vous échouer à mes pieds. Laissez vous porter par le rythme des heures qui pourraient nous rapprocher.

Vous me trouverez dans cette chambre comme sur une rive lointaine. Peut-être vous y trouverais-je aussi, peut être pas. Peut-être y serez vous la première, peut être m'attendrez vous dans ma chambre. Je suppose qu'il vous suffirait de dire que vous êtes mon amie pour que sésame se fasse même en mon absence. Mon cœur battra la chamade lorsque les kilomètres me rapprocheront de cet instant, ma vue se troublera lorsque je foulerai le sol de cet hôtel, ma main tremblera lorsque je glisserai la clef dans la serrure, et mon cœur ne cessera de tambouriner lorsque je pousserai la porte pour peut-être vous découvrir.

Peut-être y serais-je le premier... et le seul. Peu m'importe, ne me dites pas si vous avez décidé de venir ou de ne pas venir. Ne me dites pas si vous pouvez venir ou si vous ne pouvez pas venir. Ne me dites rien à ce sujet avant que l'aube marquant la fin de ce rendez vous ne laisse place aux rayons d'un soleil d'automne que je veux radieux. Laissez l'intensité s'installer, laissez la vie nous emporter dans l'espoir de nos baisers. Laissez mon coeur battre au fil des jours et des heures qui s'écouleront. Laissez moi la chance de rêver que peut être vous viendrez. Rêvez avec moi, donnez-moi la main et peut être ouvrirai-je mes yeux ce jour là sur votre visage endormi et pacifié.

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29 août 2009

Chemins

Je vous conseille de vous baigner dans la musique de la "caresse du perdant" que vous trouverez en bas de cet article pour lire ce texte. C'est cette caresse qui a su faire naître ces mots là. Je remercie donc Chamylia pour l'inspiration qu'elle me procure.

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Le sable sous mes pieds, ce même sable qui me brulait la plante des pieds à l’automne de mon enfance. Ce sable dont j’ai depuis trop rarement foulé le grain. J’aime m’envoler dans ces vastes dunes d’or, lorsque la lumière décline et que le bord de mer est tout à moi. J’ai toujours apprécié être seul ici, rêver à ce qu’il pouvait y avoir de l’autre côté de cette mer, rêver aux autres enfants du bout du monde. Je marche le long de la ligne d’eau, l’écume échouant contre mes pieds me rappelant la caresse des saisons estivales quand, tout frais de ma presque puberté, nous ne pensions qu’à nous amuser, moi et les copains. Nous avions pour nous la confiance que l’on accorde aux garçons et nous nous sentions déjà grand assis sur nos bicross, le torse nu et doré, seulement vêtus de nos maillots de bain. Nous filions le long de la route qui mène au phare, longeant les canaux bordant cette Camargue secrète et interdite, nous dépassions les manades du bord de route en nous bouchant le nez pour ne pas succomber à l’odeur forte des chevaux blancs et gris, et nous filions fier comme des hommes la canne à pêche rivée au cadran de nos destriers. Le vent caressait nos jeunes peaux, aujourd’hui je me rappelle encore de cette sensation de liberté, c’était sans doute la première fois. La pêche n’était pas des plus miraculeuses mais quelques anguilles avaient bien voulu se laisser charmer par nos frêles hameçons. Nous étions rentrés fiers de nos quelques prises, montrant à nos mères le butin gagné de haute lutte lorsque le poisson s’était mis à s’agiter en tout sens et que comme des hommes il avait fallut le saisir fermement et l’assommer contre le rebord de la vanne. Je ne saurais dire qui était le héro de cet exploit, de fait je crois que nous nous le sommes tous approprié. Petits hommes solidaires et rêveurs que nous étions. Oui c’était ce même sable, cette même Camargue, et aujourd’hui si peu de choses ont changé ici que je me sens chez moi à chaque fois que je viens.

C’est à chaque fois la même histoire, que je sois seul ou pas, je m’envole vers mes souvenirs, fermant les yeux et profitant de ces instants uniques que la mer à su rendre possible. Lorsque le mois d’août était à son apogée nous courions tout notre saoul pour traverser le désert brulant et rejoindre le sable frais. Chacun avait sa technique, moi j’essayais de courir comme je pouvais sur les talons pour n’offrir à la morsure du sable que la corne de mes petits pieds d’indien courageux mais pas téméraire ! S’en suivaient de longues journées de soleil à s’activer entre enfance et adolescence, à regarder les plus grands, qui ne l’étaient finalement pas beaucoup plus que nous, à jouer au volley ou au foot. A les regarder en compagnie de ces jeunes filles à la peau hâlée, les regarder draguer sans trop savoir pourquoi je les regardais. Je me souviens de cette barrière légendaire qu’il nous était impossible de franchir, nous en parlions souvent en nous raillant les uns les autres, en inventant des histoires sur ce qu’il se passait là bas, là-bas où il fallait être nu pour pouvoir fouler le sable de la plage. Nous nous inventions des excursions immergés tels des requins dans l’eau, nous échappant à l’attention de nos parents pour nager plus à l’est et sans jamais immerger volant des images de corps nus, des corps qui n’étaient que sirènes et jamais mâles. Avouerais-je n’avoir jamais foulé ces rivages là ? C’est comme si je m’attachais un peu à mes rêves d’enfant, préférant imaginer la vie de cette plage interdite plutôt que de découvrir la vérité.

Finalement le temps passe et nous restons toujours un peu les mêmes. Est-cela que nous étions venu chercher mes meilleurs amis et moi lorsqu’à l’orée de nos vingt ans, la vie encore devant nous, tous trois nous nous étions mis à nu sur cette plage de septembre déserte. Amis pour la vie, amis même nu, même pas cap. Qui avait dit ça ? Je crois que personne ne l’avait dit, mais c’était bon de se sentir si proche, alors nous avons vécu cette scène improbable qui nous avait bien fait rire dans ce film ovni. Et nous avons courus dans les dunes, ivres de joie et d’amitié. J’y suis revenu encore d’autres fois, y emmenant des gens qui venaient de loin, leur montrant un peu du mystère du Rhône et de la mer. Il y a même eu ce jour de tempête où le vent soufflait si fort, il n’y avait plus de plage, les vagues mordaient doucement le pied des grandes dunes, j’ai marché pieds nus ce jour de novembre, il pouvait bien faire froid, il pouvait bien pleuvoir, personne ne m’enlèverait ce rendez-vous avec moi-même. Le sable me piquait les chevilles par grande bourrasque, moi je faisais corps avec cet espace de liberté, mélangeant l’Andalousie avec cette Camargue dont je ne sais rien. Imaginant les gens de ce pays fier, humble et pauvre. J’aurais aimé naître andalou ou gitan, est-ce cette image de force et de fierté qui me paraît si belle ? Est-ce ce que j’aurais aimé être ? Cette plage est belle à l’été comme en hiver, elle cache ce qu’elle a de plus secret car l’on ne voit d’elle que ses étendues de sable et ses dunes dégarnies. Pourtant derrière cette quiétude apparente, il y a les méandres du Rhône, les salins, les rizières, la beauté sauvage de ce qui est inaccessible

Je suis bien ici. Je suis bien assis sur ce sable, les genoux repliés contre moi. Mes bras servant d’arceaux à mes jambes pour les maintenir tout contre moi. Regardant l’horizon de cette mer d’encre, une mer paisible, j’ai l’impression de vivre un conte de fée, j’ai l’impression d’avoir vécu le voyage de Chihiro, d’être ce dragon qui trouve enfin la paix. J’attends que le soleil décline, que la lumière du jour se fasse douce. Je l’attends, elle, sans savoir l’heure, sans savoir si elle sera à mes côtés. Je refais ce chemin de mes pas inscrits dans le sable. Des pas d’enfant, des pas de garçon, des pas d’homme et je suis là à nouveau suivant mes traces et les découvrant sans cesse. Il ne fait pas très chaud ici, mais mon esprit n’a que faire des frissons de mon corps. Il s’en nourrit, il souhaite que ces frissons laissent place à la chaleur de son corps. Il souhaite même avoir très froid. Alors ces frissons deviennent miracles quand ils lui permettent de rêver encore d’elle. Les minutes passent doucement, j’ai laissé ma montre, je ne voulais pas prendre la mesure du temps, je voulais me perdre. Me perdre en quoi ? A nouveau ce petit garçon qui me dit qu’il n’a que faire de l’heure, le soleil et la lune lui suffisent, il saura bien lorsqu’il sera temps de rentrer. Je saurais bien lorsqu’il sera temps de revenir à la ville, de retrouver le rythme et de conserver mes rêves. Alors je rêve.

Je rêve qu’elle est là. J’entends ses pas sur le sable. Je sais que c’est elle, je sais que c’est son aura qui m’embrasse, qui me berce. Je ne cesse de regarder le flot des petites vagues qui grimpent sur la pente, redescendant toujours, lissant le gris du sable dans un mouvement perpétuel. Elle pose sa main sur mon épaule sans s’offrir à ma vue. Je rêve de paix. Elle m’offre cette paix. Existe-t-elle seulement dans mes rêves ? Est-ce bien le touché d’une main qui réchauffe mon épaule ? Est-ce seulement mon rêve ? Alors elle s’assoit à mes côtés, se met à regarder elle aussi l’horizon, partageant mes pensées comme mon silence. Elle se matérialise à moi, et cela me semble si naturel, c’est ainsi que je la voulais apparaître et c’est ainsi qu’elle est. Fallait-il craindre cet instant où je serai enfin cet homme construit si lentement au fil des étés ? J’ai ce soir l’impression d’être un homme, un homme qui saisit la main d’une femme, une main chaleureuse, une main aimante. Je ne me pose pas de question et me laisse envahir par cette immensité, la laissant pénétrer en moi calmement, laissant les vagues progresser en moi. Il y a le bruit apaisant de la mer et l’horizon rayonnant qu’elle m’offre. Il y a l’étendue de sable fin et doux tout autour, il y a derrière les dunes la nature sauvage de la Camargue. Je serre sa main, la porte à mes lèvres et lui baise chacun des doigts. Quatre baisers pour lui dire qui j’ai été. Un enfant discret et rêveur. Un adolescent timide et triste. Un jeune homme ambitieux et sincère. Un presque homme perdu en lui-même. Un baiser pour lui dire que je suis cet homme.



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17 août 2009

Territoires Célestes 2/2

Ils ont taché de reprendre leur souffle, je me suis mis en retrait légèrement, à nouveau adossé à ma chaise. Je n'ai pas profité pleinement du plaisir offert, je crois que mes sensations étaient davantage portées vers le bien être de cette femme que vers mon propre plaisir. Pour ne pas les gêner, j'ai repris une autre lecture, leur permettant de reprendre pied. Profitant de ma lecture, son amant l’a ensuite conduite à la tête du lit. Enchaînant ses poignées aux boiseries. Je me suis levé, pour me mettre au pied du lit. Ses jambes étaient écartées, je distinguais sa toison dans la pénombre. Elle avait des jambes magnifiques, un corps grand, ferme, des seins opulents. Je découvrais son corps. J'ai regardé ses pieds, la tension de ses pieds, une courbe parfaite, une très belle vision. Puis elle a chevauché son homme, je ne voyais d'elle que son dos, les bougies projetaient contre le mur blanc leur silhouette parfaite, un visage d'homme en ombre chinoise, la bouche ouverte et un corps de femme magistralement empalé. Elle se frottait contre lui, j'entendais le cliquetis des chaînes qui les liait l’un à l’autre. Je me suis déplacé, pour me mettre contre le mur, me fondant dans leur ombre, mêlant ma réalité à l’imaginaire qu’ils m’offraient, mon corps à leurs silhouettes imbriquées. C’est dans cette ombre que je les ai épiés, toujours légèrement en retrait pour ne pas perturber les territoires célestes qui se déroulaient sous mes yeux.

 

Nouveau changement, il l’a faite se lever, se dirigeant à mon opposé. Main dans la main, ils se sont rapprochés d’une grande armoire. Il l’a placé dos contre l’armoire, a saisi ses deux mains féminines pour attacher ses bras très haut au sommet du meuble, puis lui a bandé les yeux. Les ombres se dissipaient et le dessin se précisait. Je distinguais cette fois son corps parfaitement, une femme d'une quarantaine d’année, peut être plus. Une femme au corps toujours aussi puissamment doté d'érotisme. Qu'elle était belle ! J’aurais pu la contempler longuement encore. Je n'ai rien dit, je n'ai pas bougé. Elle portait une nuisette argentée, il essayait de remonter cette nuisette en vain pour qu’elle ne cache rien de cette belle poitrine. Elle chutait sans cesse, dévoilant, puis recouvrant le satin de la peau par le tissu satiné. Il s'est assis sur l'angle du lit. Le visage à hauteur de son sexe, je devinais des odeurs de sirènes, tentatrices et hypnotiques, son corps ondulait, elle dansait en silence, faisant rouler ses hanches, approchant sa toison en une vrille perpétuelle inaccessible à son amant. Dévot, lui portait ses mains sur sa queue, comme pour exciter davantage ses sens à voir et sentir sans troubler le charme de cette sirène. S’interdisant de toucher.

 

Il m’a invité à me rapprocher, je ne sais plus s’il s’agissait de mots, d’un geste ou peut être ais-je simplement voulu qu’il m’invite. Je me sentais cette fois pleinement avec eux, enfin libre dans leur intimité de couple. Je n'attendais que cette invitation, j'avais envie de soulever le tissu, je voulais voir ses seins, je voulais y déposer mains et lèvres, caresses douces et humides. Une poitrine justement proportionnée, relevée par la tension des bras, parfaitement dessinée. Alors, tout prêt, j'ai pris cette initiative, elle n'a rien dit, consentante dans son silence. Le chemin m’était ouvert. Elle continuait à onduler des hanches et lui a se branler bruyamment, excité par mon intuition à maintenir les seins de son amante enfin visibles de lui comme de moi. Il s'est alors agenouillé devant les lianes de ses jambes, et l'a à nouveau entrepris de sa langue. Soutenant le tissu d’une main, l’autre s’est faite caressante. D'abord léger, puis plus présent, mes doigts ont plissé ses tétons, je les ai étiré, comme je les aime. Elle appréciait.

 

Je me souvenais encore de cette limite posée quelques jours auparavant, je pouvais voir sans autre chose. Elle ne souhaitait que les mains et les baisers de son amant et je ne serai présent que par ma voix. Serais-je donc devenu son amant, un homme autorisé à me fondre et partager ses flots intimes ? J’appréciais le chemin parcouru, orchestré par ma discrétion, me fondant dans leur univers, trouvant ma place naturellement, cette fois nous étions trois.

 

Son plaisir une fois de plus augmentait, de plus en plus. Mes doigts se sont rapprochés de la commissure de ces lèvres, j'ai parcouru la tendresse de ses muqueuses, comme j'aime le faire pour chaque femme, suivant le pourtour des lèvres comme s’il ne me restait plus que mes mains pour voir. Sa langue est venue timide, toucher mes doigts, me permettre d'humecter ses lèvres pour les rendre plus lisses au toucher. J'ai rapproché mes lèvres des siennes, je voulais sentir son souffle saccadé par les coups de langue de son amant, je voulais qu'elle sente ma présence invisible. Dans un souffle elle a prononcé quelques mots. « Je vous sens, je sens votre parfum ». Ces premiers mots. J’étais donc devenu enveloppe invisible, impalpable, une bulle hors du temps, un homme invisible et pourtant présent. Ma main s'est posée naturellement au creux de ses reins pour l'inviter à s'ouvrir encore plus à la caresse de celui qui avait permis cette rencontre. Sa peau était chaude, humide, transpirante. Nos souffles se mêlaient, j’aurais aimé que la température soit froide pour voir nos souffles fusionner en une humeur diaphane. Je n’ai pas eu envie de l’embrasser, je voulais que l’invisible soit palpable, seuls nos souffles se fondaient l’un dans l’autre alors que plus bas d’autres souffles l’emportaient. J'ai a nouveau entendu sa voix deuxième phrase prononcée. Des mots répétés en une trainée continue, « je vais jouir, je vais jouir, je vais jouir ». Des mots conclus en un dernier souffle, un dernier petit cri. Son corps s'est relâché, comme sans force, comme si toute la tension de son corps s’était évaporée avec son dernier souffle. Est-cela la petite mort ? Expirer toute la vivacité de notre corps en un dernier souffle ? Nous l’avons tout deux détachée, soutenue jusqu'au lit où elle s'est assise, amante repue et exténuée, malade de s’être trop offerte. Un peu d'eau tout d'abord. J'avais apporté pour eux des viennoiseries et des briques de jus d'orange frais, on ne répond jamais à une invitation les mains vides. Je les leur ai offertes. Eux, les amants qui ne s’étaient pas comptés jusqu’alors. Leurs regards hagards, leurs peaux transpirantes. Je me suis à nouveau assis sur la chaise face à eux, échangeant très peu de mots, comme si l’équilibre après cette sensible jouissance était encore fragile. L’intimité pouvait encore s’évaporait bien que nous ne le désirions pas pour l’heure.

 

Je souhaitais encore parcourir leur territoire de mon regard, ils souhaitaient encore s’abreuver de ma présence. J'avais envie de profiter de ces instants jusqu'au bout, jusqu’aux dernières minutes qui nous seraient offertes. Il a alors allongé notre muse sur le dos. Cette fois, actif et non plus voyeur, je me suis levé, j'ai pris l'une de ces chevilles pour la positionner de façon à ce qu'elle écarte bien les jambes, elle ne devait plus rien me cacher. Je la voulais offerte, il la voulait offerte, elle se voulait offerte. Nous la voulions indécente. Il lui a confié un objet oblong, métallique, doré. Elle a commencé à se pénétrer et à faire de rapides vas et viens avec. J’entendais les flux et reflux de ses pénétrations, femme sirène, naïade libre de se donner. Je me suis agenouillé pour regarder ce spectacle, j’aurais pu encore un fois longuement la contempler, j’aurais voulu longuement la contempler, mais comment résister ? Comment ne pas en vouloir plus ? Comment ne pas vouloir toucher, goûter, pénétrer ?

 

J'ai caressé ses jambes, sa peau dorée par le soleil, une peau parfaitement lisse en toute partie de son corps. Une peau apprêtée pour le plaisir de son amant et le regard d'un inconnu. Une peau parfumée d'un parfum entêtant, enivrant. Mes mains se sont approchées de son pubis sans fouler des territoires que je n'osais m'octroyer. Elle, se masturbant toujours. Lui, prenant le soin d'une lecture, un poème sur un pont lyonnais. J'ai rapproché mon visage, je voulais sentir sa peau, je voulais sentir l'odeur de son sexe, je me suis donc placé au dessus de son sexe et j'ai senti cet effluve discret, un effluve terriblement excitant. Je me suis fait éole, élément d’air pour souffler le feu. Mes lèvres exhalaient une chaleur douce sur ses lèvres ouvertes, insufflant toujours plus de ma présence invisible. Ma main s'est posée sur celle qui tenait l’objet de plaisir, prenant le relais de cette course si douce, elle m'a laissé conduire et c'est moi qui l'ai pénétrée par des mouvements longs ou saccadés, droit ou en biais, circulaires ou rectiligne. Donnant le rythme à son souffle, imprimant son corps.

 

Cette fois, mon corps dictait sa présence. J’étais dur, fier, homme. Lui m'a invité à la gouter, à moins qu’une fois de plus je n’aie imaginé cette invitation. Suite logique, sans hésitation, sans question, je l'ai goutée, une main faisant pénétrer le gode, l'autre sous sa cuisse pour maintenir ma prise. Avait-il déjà joui en elle ? Même cette question n’a pas effleuré mes pensées. Peu m’importait, tout était si subtilement naturel. Elle recevait ma langue, elle offrait ses lèvres au sexe de son amant. Il poussait des râles d'hommes, comblé par cette langue que j’avais connue timide sur la peau de mes doigts. Son corps se mettait à nouveau à onduler, la sirène émergeant à nouveau du néant du dernier souffle. Second souffle. Je m'appliquais à la faire renaître, son amant faisant de même. Appuyant ma langue en de fortes pressions, je m’emparais soudainement de son clitoris, alors que lentement en elle le plaisir n’avait de cesse de grandir. Ses mots sont revenus, mais cette fois ce n'était pas pour la litanie du futur proche. Non, elle nous disait "je jouis, je jouis, je jouis, je jouis". Et son corps s'est contracté quelques secondes, envahi à nouveau par une force qui nous aimante tous. J'ai relâché ma prise doucement, sa main est venue se poser dans mes cheveux, une caresse douce, sensible, un remerciement en silence. Elle venait de jouir sous l’énergie de deux hommes, pour la seule et unique fois de sa vie. C’est en ces moments là que j’aimerais être à la fois dans et au dehors, voir et ressentir, voir ce que je donne, ressentir ce que je donne. J’aurais aimé connaître ses pensées, ressentir ce qu’elle avait vécu.

 

La pression n'était pas retombée, tout nous poussait au troisième souffle, doucement, et pourtant plus fortement encore. Nos corps se sont déplacés. Les prémices du premier souffle m’avaient offert, debout, une introduction discrète, le second souffle, à genoux, un baiser plus présent, que m’offrirait ce troisième souffle ? Allongé le long de son corps, l’intimité m’invitant le long de cette femme dont je ne connais pas même le prénim, son amant assis sur le lit, reprenait sa lecture. Elle et moi. Nos regards se sont longuement croisés. A-t-elle su déchiffrer ce que signifiait mon regard ? Qu’a-t-elle su lire dans mes yeux. Ses yeux sombres me semblaient pour ma part quasi-indéchiffrables. Il y avait dans les traits de son visage une douceur qui m’était offerte en silence, je ne saurais en dire plus. Mes mains parcouraient son corps, nos yeux étaient rivés et pourtant je ne sais pas ce que nous nous sommes dits en silence. Mes mains ont cheminé, doucement, très doucement, sur les jambes d'abord, prenant les dimensions de leur longueur fuselée et féminine, parcourant la cassure du pied cette inclinaison que je trouve de plus en plus magnifique. Les caresses ont été douces, presque sans toucher sa peau, j'ai caressé son visage, parcouru le collier de chaîne serré autour de son cou. Sa nuisette recouvrait à nouveau ses seins. Mes mains son restées proches de ses jambes, aimantée par cette partie du corps que ma langue avait patiemment entreprise.

 

J'ai saisi sa main, je l'ai déposée contre mon sexe pour qu'elle sente la chaleur qui s'en dégageait au travers du tissu fin de mon pantalon de costume. Elle a laissé sa main là, une nouvelle fois consentante à plus que je n’aurais espérée. Ses doigts ont glissés sur ma cuisse, caressant ma cuisse de façon distraite. J'ai dévoilé ses seins, la nuisette était prise sous son corps, j'ai tiré un peu plus fort pour qu'elle puisse être libérée, enfin ses seins m'apparaissaient à nouveau. Il a fait de même avec l'autre sein. Voilà que venait le temps des gémeaux, Nous avons tous deux pris un sein entre nos lèvres, je crois que c'est alors que mes mains ont glissé à l'orée de ses lèvres, pour voir ce sourire du bas, pour le faire sourire encore plus. Elle s’est alors saisie du sexe de son compagnon, l’a caressé. Je les ai regardés, ma main a-t-elle cesser de parcourir son intimité ? Sans doute, puisque, le visage allongé auprès du corps de ma céleste amante, envahi de ses parfums…

 

J'ai eu envie…

 

J'ai eu envie de toucher ce sexe d’homme. J'ai hésité un peu, si peu en fait, comme dans un rêves, pourquoi s’interdire ce qui peut être vécu, ma main a suivi le bras cette femme, elle m'a laissé la place, heureusement surprise de cette initiative inattendue, tant par moi que par eux. Sa main s'est portée vers ses bourses, et mes doigts se sont posées sur ce sexe d'homme pour la première fois, pour quelques timides vas et viens. Avant de replonger vers elle, préférant la chaleur de son antre à la dureté de l’homme. Je l'ai pénétrée de mes doigts. Je l'ai baisée ainsi, de plusieurs doigts, décidé, envahi par le plaisir d'être tous trois ici. Sa main cette fois n’était plus distraite, elle me branlait au travers du tissu, elle voulait explorer plus encore. Mon sexe était ferme, dressé, envahi d’émotions naissantes tandis qu’à l’opposé de sa main, elle le suçait avidement, j'entendais ses râles. Plus je la pénétrais puissamment, plus elle le masturbait avec vigueur. Voilà qu’un tourbillon s’emparait de nous, elle, lui et moi, des vents convergents, s’engouffrant en un étroit passage pour nous emmener, loin, très loin, toujours plus proche.

 

Sa main s'est posée dans mon dos, elle s'est plaquée contre moi, me rapprochant encore plus. La sirène se faisait pressante, demander l’abandon, chanter le plaisir. A cet instant, j'ai eu envie de lui faire l'amour, à cet instant j'ai eu envie de succomber à ses chants, à cet instant je désirais me fondre en elle et m’y perdre, à cet instant j'aurais pu sucer son amant, j'aurais pu m'abandonner à tout. Tout devenait de plus en plus pressé, tout devenait tout. Tout était possible. Tout était espérait. Tous les afflux convergeaient. J'ai du ôter la main de ma sirène pour ne pas jouir dans l’instant. Mais je n’ai pas rompu le charme, mes mouvements en elle persistaient de plus en plus bruts, le troisième et dernier souffle prenait corps cette fois sans barrage. Elle a accroché l'arrière de ma chemise, esquissant l’envie de tout arracher pour libérer le plaisir accumulé. Je crois qu’elle et lui ont joui dans un même élan céleste, lui répandant sa semence sur le buste de son amante, elle explosant des chaînes intérieures plus secrètes.

 

Le temps s'était égrenait à une vitesse folle, j'aurais voulu rester avec eux, profiter de cette volupté naissante. Mais l'heure était là, je les ai remerciés tous deux, le regard souriant, alors la porte s'est refermée. Longtemps dans la journée ma main droite a conservé les effluves du plaisir de ce troisième souffle, animal, je la léchais de temps à autre pour retrouver un peu de son goût. Longtemps dans la journée ma main gauche a conservé secrètement l'odeur d'une peau féminine inconnue jusqu’alors, et longtemps je me suis enivré de ce parfum, avant de devoir effacer toutes traces sur mes lèvres comme sur mes mains... Elle me confira plus tard, que ce trois souffles, comme nos trois êtres, avait donnait à sa relation charnelle et amoureuse une nouvelle lumière, plus forte, un nouveau chemin ouvert, curieux et amoureux, un bouillonnement constant à entreprendre ces vastes territoires célestes.

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Photo : Monkeytwizzle

 

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11 août 2009

Butin

Glissez votre main dans mon entrejambe
Sentez cette rude chaleur m'envahir
Glissez vous tout contre moi,
serrant mon buste contre vous,
Dès lors, ce seront mes mains qui glisseront sur vos hanches,
Ma langue qui glissera sur vos lèvres,
Mes doigts qui remonteront votre colonne vertébrale
Pour se répandre en caresses frissonnantes dans votre cou,
Préparant le terrain de mes lèvres,
Offrant leur butin à mes dents.

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10 août 2009

L'escalier

Une rue déserte
Une fine pluie fraiche
Une porte
Je rentre
Une femme de dos
Je la suis
Je monte une à une les marches
Le regard perdu sur ses hanches
Sans voir plus loin
Balancement métronome, hypnotique
Invitation charnelle
J’imagine son odeur
Je capte ses effluves de chatte
Quelques marches encore
Je suis tout prêt
Elle disparaît derrière une autre porte
Interdite
Je continue mon ascencion
En plein brouillard

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Photo : Mr et Mme X

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05 août 2009

Territoires Célestes 1/2

Je me suis fait silence et multitude. J’étais là partout, en tout point de cette ville, en tout lieu. Chaque homme pouvait être moi. Elle ne connaissait de moi que mes mots, je pouvais donc être tous les hommes qu’elle croiserait durant cette journée chaude. J’avais semé mes traces au fil des rues, des traces invisibles, comme autant de parfum encensant le corps et l’âme. Des traces que seul son compagnon connaissait, lui savait précisément l’enchaînement des lieux où il devait guider son âme sœur. Je voulais être présent sans être trop proche, je caressais le désir de palpiter en elle sans l’investir. Invisible.

Quelques jours auparavant, à ma demande, elle avait fait l’acquisition du parfum de l’invisible ainsi que d’une étole de soie, prémices nécessaires à ce que son esprit s’imprègne de mon parfum. Parfum de miel, de caramel, parfum discret, léger, présent. Parfum érotique, porteur de messages secrètement distillés. L’étole en était imprégnée et devant nos échanges habilement distillés au cours du temps, il l’avait invitée à caresser ses territoires célestes, première invitation à me faire découvrir les voies qui me seraient offertes. Nous formions un joli chiffre qu’aucun de nous n’avait pour l’heure exploré. Trois. La veille de notre rencontre elle s’était longuement caressée à l’idée de la journée qui allait suivre. Une journée dont seuls lui et moi connaissions l’exact contenu. Nous avions pris soin l’un et l’autre de semer seulement les graines qui amplifieraient son désir. Dans la solitude de son nid, elle m’offrit ce soir là une jouissance dans la vision de ma main et de mon regard posé sur elle. Puis vint son compagnon, alors qu’elle m’écrivait lui la caressait, puis inversement toujours en ma présence et cette fois sous les lettres frappées par lui à mon intention, ce fut elle qui se saisit de son sexe en y déposant ses lèvres pour le conduire au plaisir. Des mots écrits sous l’impulsion de leurs caresses tant de fois prodiguées mais cette fois vécue en ma présence invisible. Des premiers pas, discrets, subtils, aériens. Nous étions prêts. Nous avions préparés nos sens, le chiffre trois s’était imposé naturellement, ne restait plus qu’à explorer le chemin.

Enfin le jour arrivait, leur venue dans ma ville, des rues qu’ils ne connaissaient pas, des chemins que je leur ouvrais. Je fus leur guide, anecdotes, bonnes adresses, ruelles étroites et désertes à emprunter, lieux d’arts visuels. Elle était nue sous sa jupe, offrant à chaque instant l’occasion d’une caresse volée. Moi j’étais le vent, j’étais comme l’air. Elle ne savait qu’une chose, qu’elle pouvait me croiser à chaque instant sans connaître mon visage. Je serai ainsi tous les hommes qu’elle croiserait. Cet homme brun assis à une terrasse de café dévisageant la belle et grande femme qu’elle est. Cet autre homme blond au teint halé suivant leur visite au musée tout en paraissant relativement distrait. Cet inconnu au bras d’une jeune femme, le regard caché par ses lunettes de soleil. Ce père de famille dans le jardin de Ville. J’étais tous les hommes à la fois. Je pouvais la frôler innocemment, ce pouvait être un autre, elle en ressentirait le même frisson. Elle ne connaissait que deux choses de moi, la couleur de mes yeux, bleu comme le ciel de cette belle journée, et mon parfum invisible. Elle s’est sentie immensément femme-femelle durant cette longue journée touristique, me confiera-t-elle plus tard, faisant fonctionner son odorat pour trouver trace de mon parfum, cherchant des yeux les regards bleutés, espérant mon odeur caramel pour se faire davantage Miel. Dehors la canicule, dans les lieux artistiques, la fraicheur, et partout sur elle, les mains chaudes de son complice, des mains pleines de désir, la fouillant en tout lieu, sans cesse, à la moindre occasion, transformant sa peau en un champ fertile prêt à me recevoir, laissant à la foule des hommes l’opportunité de caresser du regard, de surprendre une caresse indécente.

La journée passa ainsi sans qu’elle ne puisse savoir lequel de tout ces hommes j’étais. En étais-je seulement un, ou étais-je tous à la fois ? Je leur laissais la nuit pour les retrouver au petit matin. Un nouveau jour, le jour où cette fois nous savions tous trois que nous vivrions au présent. Nous avions convenu du silence, comme de lectures. Chambre 300. Je suis entré dans la pièce alors que le soleil brillait déjà au dehors. Je distinguais les lignes de deux corps enchevêtrés. Il me fallut un peu de temps pour démêler les écheveaux des corps allongés. La pièce était sombre. Les rideaux tirés, quelques bougies éclairaient partiellement la scène d’une lueur inconstante. Elle était de dos allongée sur le lit. Lui, allongé lui aussi, sa langue léchant son sexe. Elle, faisant de même avec son compagnon. Depuis combien de temps étaient-ils dans cette position ? Etait-ce la mise en scène qu’ils avaient décidé de m’offrir comme première vision ? Où seulement l’aléa des corps qui s’impatientent ? Je suis entré doucement, je me suis adossé contre le mur, les regardant en silence. Je voulais prendre mon temps, leur laisser l’espace propre à leur intimité, appréhender ce qui se passait sous mes yeux comme au-dedans. Cela a duré quelques minutes. Aucun de nous ne prononça de mot. Je devinais leurs soupirs. De l’autre côté du lit, une chaise m’attendait. Je contournais leur kamasutra pour m’y installer, sans bruit, sans un mot, dans le silence le plus complet, à peine mouvementé par leur soupir comme des gouttes éparses chutant à la surface de l’eau. Sur la table jouxtant la chaise, des livres avec des passages de lecture, une bougie blanche à moitié consumée, un ensemble de sous vêtement noir dont l'étoffe légère était agréable au toucher. Avait-elle porté ses sous-vêtements ? M’étaient-ils offerts, j’eu envie de les voler, de les garder en trophée, je ne fis rien finalement que poser ma main et apprécier la douceur du tissu. Soucieux de discrétion.

Je les regardais toujours, ils s’afféraient. Avaient-ils du plaisir ? Étaient-ils gênés de ma présence ? Mon sexe commençait lentement à s’engourdir au fur et à mesure que j’appréhendais ce qui m’était ainsi dévoilé. Ils m’offraient leur intimité, celle-ci je ne la leur volerai pas, et pour la partager le chemin qui se dessinait en moi me soufflait de leur laisser toute place, de garder cette distance silencieuse, comme si je cherchais à m’effacer. Une fois de plus devenir invisible mais rester présent par ma voix. Lui avait disposé pour moi quelques livres, marqués quelques passages. J’en pris un au hasard et le lu, m’appliquant à lui donner la force, la sensibilité et l’émotion qui revenait à ses mots. J’imaginais ma voix comme une âme les pénétrant, les enveloppant, une vague les caressant et leur permettant d’apprivoiser ma présence. Les corps s’étaient démêlés. Son corps se trouvait dans la diagonale du lit, sa tête, son visage, si proche de moi. Je me suis légèrement penché pour me rendre cette fois plus présent, sans la toucher. Son amant parcourait ses lèvres ourlées de sa langue dévorante. Le plaisir était là, en elle, je le percevais, je l’entendais. Ses yeux étaient fermés. J’avais froid. J’ai contemplait ce spectacle, puis sans vouloir rompre le charme, j’ai déposé mon index doucement sur sa joue. Je l’ai sentie sursauter. Était-ce ce contact qui n’était pas prévu lors de nos premiers échanges ? Était-ce le rappel de ma présence alors qu’elle était toute à lui? Était-ce simplement le froid qui m’avait envahi ? Elle s’est tendue légèrement, alors ma main s'est transformée en brise légère parcourant à peine ses cheveux courts pour me poser ensuite sur l'une de ses mains. Sa peau découvrait la peau d’un homme pour la première fois autre que celle de son amant, toujours fidèle. Je lui avais confié l'avoir imaginée jouir alors que je lui donnerai la main, lui disant que ce serait le seul contact que nous échangerions, les yeux dans les yeux. Son plaisir a augmenté, lui l'encourageait. J'ai saisi son autre main. Mon parfum l’enveloppait, la pénétrer encore un peu plus. Ses bras étaient ramenés en arrière, nos mains se sont accrochées, nos doigts se sont croisés. Elle eut le désir de me sentir, de nous sentir tous deux fortement, un lien électrique, comme un arc, un courant la traversait alimenté par l’énergie offerte par l’amour de son amant. Les pressions ont augmentées, le plaisir montait, affluait en elle, envahie, elle a commencé à se démener, je lui ai maintenu fermement les mains et les bras pour que nous ne lâchions pas prise, une tension forte qui l'a emmené à la jouissance.

nausika2

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03 juillet 2009

Il y a un an

Je me souviens d'un premier, deux et trois juillet 2008... 18h03... gare de lyon... vous cherchant dans la foule... sachant que vous ne viendriez pas... me raccrochant à l'idée que vous pourriez par miracle être là face à moi... Ma très chère princesse... je vous aurais offert toute la tendresse dont j'étais capable pour panser vos plaies... Je me serais abreuvé de vous à me saouler de votre âme... Nous nous serions confondus entre nos rêves et nos réalités... Et je crois que nous n'aurions jamais quitté cette petite chambre d'hôtel aux tendance Pop Art. J'ai pensé tant de fois à ce possible... c'était beau, c'était sublime.

Merci Sarah pour ce que vous m'avez donné.


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Posté par maitre decadent à 14:13 - Rêves de caresses - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2009

Le silence

Elle est là.
Seule.
Assise sur une chaise.
Dos à la porte.
Une chambre d'hôtel.
Anonyme, quelques heures auparavant.
Cette fois investie d'elle et de lui.
Les rideaux sont tirés.
Ses paupières closes.
A sa gauche trois bougies sur une table wengé.
Tentures couleur pourpre, draps couleur crème.
Lit au cuir tendre et sombre.
Son coeur bat, vite, plus loin, le vide.
Le grand saut vers cet intime inconnu.

Lui est derrière cette porte.
Attendant dans un silence parfait.
Partout autour il n'y a plus rien.
Plus que lui ici, elle à quelques mètres.
Invisible mais présente chaque heure depuis plusieurs jours.
Saura-t-il l'emporter loin, très loin ?
Saura-t-il la guider vers une intimité à construire ?
Il ouvrira sa main, la posera sur son épaule.
Et restera ainsi à écouter son souffle.
Il sentira son trouble, son émotion.
Un parfum doux l'envahira doucement.
Un parfum qu'il reconnaîtra désormais entre mille.
A chaque fois, il fermera les yeux et se souviendra d'elle et de cette nuit.

Il entre.

Silence.


skin

Photo : Mr et Mme X

Posté par maitre decadent à 11:38 - Rêves de caresses - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2009

Dans ses soupirs

merci à Christal pour ce très beau court métrage

Posté par maitre decadent à 17:33 - Rêves de caresses - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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