D-cadence-sensuelle

Un univers virtuel dédié aux plaisirs et à ses digressions, aux jouissances voluptueuses et autres divines réjouissances.

02 juillet 2009

Geisha organique

Je me suis inspiré de cette très belle musique de mon amie Chamylia, je vous conseille donc de lire ces quelques mots au son de sa Geisha Organique, laissez vous imprégner.



Motiro. Me yeno tedeba. Akaku. Oni. Umi yomo ta. Akina nii.

Limpide
Je l'entends pour la première fois
Petite voix intérieure
Douce voix étrangère
Je l'entends
Ne la comprends pas
Je la ressens
Elle est là
Paupières closes
Respiration calme
Lente
Je la laisse faire
Doucement
Ses mots me touchent
Un à un
Elle m'imprègne
Timbre fluide
Calque de mes pensées
Syllabes intimes
Caressantes
Inconnues
Alphabet asiatique
Geïsha organique
Invisible
Compte goutte
Perfusion synthétique
Rythme intraveineuse
Battement de plume
Sous ma peau
Dans mes veines
Transhumance en tout lieu
Mon corps s'efface
Abstraction mélodique


Motiro. Me yeno tedeba. Akaku. Oni. Umi yomo ta. Akina nii.


La voix se fait plus présente encore. Alors que le réveil se fait, je sens mon corps et mon âme partir loin, partir ailleurs sur les traces de cette voix étrangère et troublante. Des lianes me caressent de toute part, le sol se teinte d’un vert lumineux, les murs en sont pénétrés. Mon lit devient mousse, herbe, floraison printanière, des impressions végétales parcourent mes veines. Je me fonds dans cette nouvelle virginité, guidé par ces mots asiatiques. De ma chambre cloisonnée me voilà libre au coeur de vastes plaines nuageuses. La sonorité de cette nature neuve et immaculée se distille jusque dans mon souffle. Une bruine chaude, un crachin tiède, une brise légère rend progressivement mon corps liquide. Je deviens l’eau, liquide comme cette voix énigme. Je m'évapore aussitôt. Je suis alors éole, volant par dessus les étendues  verdoyantes, pris dans une course où le temps se fige, je veux que mon souffle parcoure la peau et le timbre de cette voix ensorcelante qui accompagne chacune de mes pensées. Guidé à une forêt de bambou. Impénétrable, secrète. J'y pénètre. Ma présence fait ondoyer les feuilles acérées des grandes tiges verticales. Vert translucide. Des ombres, nombreuses, parsemées, cercles sombres au sol, face à la forêt verticale. Je me fonds en elle. Je me multiplie. Au Nord, à l’Ouest, au Sud, à l’Est, je pars à sa recherche en quête de son écho musical et hypnotique. Orienté par la musique, je vis l’initiation geïshatique. Un rite floral. Enfin. Entre le vert et l’ombre je découvre une peau blanche, le velours délicat d’une fleur de nacre. Je crains qu’elle ne s’efface une fois parcourue de mon souffle. Doucement. Lentement. Orchidée féminine au parfum exotique. Prolongement des bambous, elle m’offre le contraste d'un corps liane et de la rigidité des grandes tiges. Elle. Moi. Je tends ma main, effleure la surface de ses chairs. Et c’est elle qui me pénètre, elle foisonne en moi. Elle bat en mon cœur et fait affluer mon sang vers la surface caressée. Virginité florale, shibari extatique. Je vis une offrande parfaite, l’offrande d’une princesse au service du roi que je suis.


Koriu ki. Kolo ni va. Aï. Yutiro. Maeyo tekita. Soleba.


Je m’approche. Elle m’envahit paisiblement. Je n'ai pas peur. Elle est en moi, je sens son odeur de femme, de partout. Prégnante, elle imprime chaque forme de vie de son odeur féminine. Complexe, légère et sombre. Je suis conquis, prisonnier de sa voix et de son corps. Elle prend racine dans le sol, terreau fertile qui propage à l’infini sa beauté végétale, tissant des liens invisibles et souterrains. Chaque feuille, chaque fleur, devient autant de caresses qu’elle sait me prodiguer. Me voilà nu, complètement démuni, tout à fait conquis, perdu dans les bras frais et subtils de cette femme nature. Je deviens minéral. Je profite de son énergie pour en garder la chaleur, la restituer, la faire bouillir et croitre, croitre sans limite, gonfler, me gorger de sa voix et devenir dur, viril, pierre. Sans fin. Son offrande me rend fort, je me nourris de sa fluidité pour concentrer en moi les pierres les plus précieuses. Le cœur rubis, bouillant, rouge presque noir. Mes yeux de jade, du bleu au vert, léger, éthéré, absent. Son regard noir, pépites noires parfaites où les rois se noient. Mes mains blanches, sur sa peau de diamant, je deviens diamantaire. Orfèvre. Ses lèvres au rouge subtil et enivrant, lie de vin aux saveurs minérales. Et je croîs encore, une croissance où fourmille la lave chaude, prémices des énergies destructrices et régénérantes. Mon esprit devient feu. Je brule de la fraicheur végétale qu’elle fait couler en moi. Je crains de la pervertir, de la souiller par la chaleur moite qui s’exhibe de mon être. Son écho est en moi, et encore elle m’apaise, elle me conforte, me rassure, je ne comprends toujours pas ses mots, mais je comprends leur sens. Viens. Ne crains rien. Viens. Suis-moi. Soit en moi. Soit pour moi. Donne-moi la vie. Fais couler ta lave en moi. Viens.


Koriu ki. Kolo ni va. Aï. Yutiro. Maeyo tekita. Soleba.


Déclic. Ni contrainte, ni tabou. Déclic. Je deviens enragé. Je la prends. Je la serre. Je l’étreins. Autour de moi tout s’estompe, tout se confond. Il n’y a plus d’espace, plus de plaine, plus de feuilles, plus de son, juste sa voix, toujours. Juste le désir irrépressible de prendre cette offrande, elle est faite pour moi et je la dévore des yeux, des mains, des lèvres. Une jambe à l’entrejambe. L’eau coule, source décuplée. Je la mords, je veux te manger, te baiser, me nourrir de toi, t’absorber. J’enserre ses reins, la soulève, la libère. La liane s’enroule autour de moi, me lacère, me caresse. Déchainé, je serre, encore, je veux qu’elle rentre dans mon torse, l’avaler entière, l’absorber toute entière. Animal, je suis en rut, je ne pense plus, je ressens, je vis. Je la déchire de toute ma longueur miraculeuse, arqué comme jamais, je la pourfends et sa voix est toujours douce, rassurante. Elle me parle, toujours les mêmes mots. Elle m’invite, plus loin. Elle m’invite à me noyer de son eau végétale. Elle me souffle de la faire femme, passer la virginité florale, lui offrir la vie et la force. Je n’ai pas à forcer, les chairs s’écartent, fondent, se répandent en mon corps, fraicheur et chaleur. Toujours si blanche, si pure. Et moi rouge, fulminant, aussi sombre qu’un taureau massif. Le combat est inégal, mais je ne sais pour qui. Elle m’épouse parfaitement, se moule sur mes propres formes masculines. Je rentre, plus loin, encore plus loin, profondément, et je m’ancre au fin fond de ses chairs chaudes et accueillantes. En un instant tout se confond, tout s’écoule, fusion, brulure, frisson, brulant, dévastateur, et ses mots, litanie douce et troublante... recommencement...


Motiro. Me yeno tedeba. Akaku. Oni. Umi yomo ta. Akina nii.


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19 juin 2009

L'homme nouveau

Un conseil : ne lisez ce texte qu'enveloppé de ce rythme :

Réveil. 5h00. Bite. Droite. Tendue. Brulante. Puissante. Main. Droite. Adroite. Tiède. Douce. Enveloppante. Pensées. Elle. Elle. Elle. Eux. Encore Elle. Toutes. Tous. Mêles. Mélangés. Entremêlés. Sexes. Pointes. Érectiles. Gonflés. Vastes. Immenses. Imminents. Langues. Chattes. Lèvres. Écartées. Étirées. Frottées. Échauffées. Chiennes. Vulgaires. Délicates. Secrètes. Naïves. Demandeuses. Décidées. Toutes. Reliées. Déliées. Liées. Connexion. Intimes. Proches. Contre. Tout contre. Câblées. Virtuelles. Présentes. Éloignées. Disponibles. Profitez. Profitons. Profits. Peaux. Spores. Antres. Blanches. Suantes. Corps. Ambrés. Rythmés. Abandon. Attente. Tenaces. Multiples. Infinies. Éphémères. Renouvelées. Sans cesse. Toujours. Encore.

 

Elle. Elle. Elle. Eux. Moi. Seul. Lumière. Rose. De partout. Accumulation. Collection. Images. Douces. Sensuelles. Sensitives. Obsession. Pornographie. Drogue. Graphique. Dépendance. Soustraire. Voler. Prendre. Violer. Sniffer. Baisers. Baiser. Baiser. Cul. Lisses. Ouverts. Béants. Découverts. Pénétrés. Prise. Mains. Crispées. Griffes. Enfoncées. Labourant. Sans fin. Vas. Vient. Viens. Murmure. Litanie. Prière. Encore. Prends. Cries. Sers toi. Ne demande pas. Impose. Oblige. Silence. Regards. Lubriques. Possédés. Habités. Possibles. Insoumises. Angéliques. Démoniaques. Anges. Musicales. Madame. X. S. K. R. K. R. C. V. C. B. P. T. R. K. Princesses. Célestes. Maître.

 

Elle. Elle. Elle. Elles. Eux. Moi. Nous. Tous. Enchevêtrés. Nus. Transpirants. Liquides. Visqueux. Sperme. Semence. Semées. Partout. Sur toutes. Sombre. Pourpres. Vices. Fertilisées. Poussées. Au bout. Excessif. Obsessif. Parfums. Musc. Forts. Puissants. Tentateurs. Tentatrices. Entêtant. Enivrant. Lignes. Rouges. Mécanique. Charnelles. Lignes. Blanches. Éclatantes. Explosion. Mille. Milliers. Millions. Consommés. Consumées. Neige. Poudrée. Recouvrant. Visages. Seins. Ventre. Cuisses. Fesses. Jambes. Courbes. Veines. Venimeux. Orgies. Corps. Décomposés. Multipliés. Soudés. Désir. Augmentant. Cumulant. Dépassés. Animaux. Primaires. Bruts. Enculées. Violentées. Débauchés. Indécentes. Exhibées. Chairs. Déchainés. Désaxés. Déconnectés. Décadents.

 

Elles. Elle. Elle. Elle. Miennes. Leur. Tous. Ensemble. Leurres. Seul. 6h00. Levé. Restauré. Douché. Habillé. Propre. Parfumé. Train. Marche. Portes. Bureau. Innocent. Innoffensif. Insoupçonné. Heures. Défilé. Retour. Marche. Train. Portes. Fermées. Autre vie. Sourires. Douceurs. Tendresse. Amoir. Claqué. Pensées. Vagabondes. Sommeil. Rêves. Absence. Inerte. Souffle. Ressourcé. Réveil. 5h00. Sexe. Fier. Vibrant. Serpent. Dévorant. Suçant. Aspirant. Vampire. Dégustant. Prédateur. Elles. Fantômes. Sirènes. Déesses. Omniscientes. Envahissantes. S'immiscant. Toujours. Plus loin. Plus profond. Folies. Douces. Dures. Troubles. Elles. Elles. Elles. Elles. Moi. L'homme nouveau.

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Photo : Blackevil

Musique : Chamylia

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30 janvier 2009

Neige d'été

09 août 2034 – Confédération Andalo-sino-islamique – Séville

Aujourd’hui Sainte Amour. Dans ma main trois pilules bleues, une rouge, une blanche. Mauvais mélange aurait dit Malko. Putain de mauvais mélange, je lui aurais répondu. Je ne me souviens plus, je ne sais plus. Je suis nu, face à ce miroir brulé, et dans ma main cinq pilules minuscules. Certain d’en avoir vingt et une pas plus tard qu’hier matin, sept de chaque. Le vendeur m’avait dit pas plus d’une bleue par jour et maxi tous les deux jours un extra « vieille France » bleu blanc rouge. Tu parles d’un cocktail explosif. Je sais que je n’étais pas seul, je ne sais plus où, je ne sais plus quand, mais je sais que Mina était là, à mes côtés. Mais ce matin, je suis seul avec ce putain de trou noir de quelques jours dans ma tête. Sainte Amour, plein été, pleine de grâce et de miséricorde, il neige sur les terres d’al Andalous. J’ai chaud, une chaleur à crever. Mes ancêtres auraient simplement hallucinés, mais la vie c’est comme ça, aujourd’hui ça ne vaut pas plus d’une pilule blanche la semaine et tout ne s’explique pas.

Trop las, je décide de prendre trois bleues et la dernière rouge, dose exacte pour combler le noir qui m’entoure dans la lumière de ce jour naissant. Au diable les conseils de Malko. Mon corps me lâche, je m’affaisse, je sombre, chute sur le sol azulejos et me voilà revivre mes dernières heures. Comme chaque soir depuis 9 nuits, Mina, Mina J est là. Chaude, câline, désespérée, comme moi, comme toute cette foutue ville qui grouille et se répand au dehors. Elle aurait pu s’appelait Jill Bioskop, Mina Jill B., mais je lui aurais préféré Leïla, double de Naïk, moi cet homme paumé. Peau blanche, pure comme cette neige qui tombe depuis neuf nuits. Mon immaculée Sylphide, ma petite Mina. Cheveux rouges. Rouges comme les mille incendies qu’elle a su déclencher dans mes entrailles. Au premier regard elle a su m’incendier, ma petite pyromane au grand cœur. Nous nous connaissons depuis neuf nuits. Il ne nous en a pas fallu davantage pour savoir que les derniers jours seraient à nous. Neuf nuits à baiser, neuf nuits à respirer dans la sueur des corps emmêlés. Neuf nuits qu’il neige en plein mois d’août, allez comprendre. Et pourtant, toujours cet incendie, chaque parcelle d’air étant plus irrespirable que la précédente. Apnée. Seule façon de vivre. Rouge cœur, rouge sang, rouge peau. Rouge. J’ai brulé sa peau de mes baisers. Je l’ai mordue. Caressée, subjuguée, violentée. J’ai marqué sa peau de mes mains nues. Dominée, insufflée, malmenée. Et nous avons aimé ces peaux qui se consument, ces peaux qui chantent, ces corps qui crient dans ces nuits sévillanes étouffantes. Et pourtant derrière le rouge, toujours ce blanc, intact, aérien, irréel, éthéré. Mina hypnose, Mina blanche de peau, rouge de cœur, Mina me hante.


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Photo : Jérôme Gouvrion

Huit nuits sont passées. Huit fois 24 heures. 11520 minutes, 691 200 battements de cœur. Je les ai comptés un par un. Plus fou de secondes en secondes. Fou de ce petit corps alerte. Fou de cette femme si légère. Fou de ce rouge et de ce blanc. Elle marcherait dans cette neige d’été qu’elle n’y laisserait aucune empreinte. J’en suis convaincu. Mina est mon ange, mon ange polaire, mon ange solaire, mon ange rouge, mon enfer. Son visage s’est imprégné, gravé au feu vif au plus profond, cicatrice rétinienne, à jamais. Je ne vois plus qu’elle, je ne sens plus qu’elle, je la respire, je la vis. Je ferme les yeux. Huit nuits. Désormais la dernière, il ne nous en reste plus qu’une. Nous le savons, sans avoir eu besoin de le prononcer. Il se passera neuf nuits d’une neige d’été, puis il ne se passera plus jamais rien. Je ferme les yeux et je vois tous ces amants que son corps miniature a du accueillir. Je les hais instantanément. Rouge poudre, explosif. Blanc frisson, intrusif. Qu’importe, Mina est mienne. Elle me regarde, nous entamons la dernière nuit. Ses yeux pétillent. Son corps est immobilisé. Ses lèvres rouge carmin me sourient. Un anneau d’or blanc orne leur centre. J’aime cette petite fente métallique. Je l’embrasse. Nos baisers n’en finissent plus, conciliabules intimes, piquants, pimentés. Je murmure tout contre sa joue blanche et lisse des mots que je ne prononcerai que pour elle. Elle me sourit, sereine, aimante, résolue. Je tremble. Il fait chaud. Je tremble. La neige tombe à gros flocons. Et j’étouffe. Et je tremble.

1907802607_a4fabe45d0_oMina. Jill. Leïla. Toutes en une. Héroïnes de mes neuf nuits sino-sévillanes. Arabesques pourpres crème. Elle est ici. Devant moi. Au centre. Au cœur du patio. Deux êtres sombrant dans l’abandon, quartier Santa Cruz, el dia de la Sainte Amour. Chaux blanche sur les murs, aucune trace de verdure, blanc et rouge, bicolore. Au dessus le ciel et ses nuages de flocon. Lourds flocons chutant dans la cours. Au centre. Mina. Les flocons se posent délicatement sur son corps incandescent, des plumes duveteuse fondant aussitôt, absorbés dans l’instant par cette peau pyromane et opale. Sa chevelure m’éblouit. Rouge vif sur un théâtre blanc, page blanche que nous allons remplir cette nuit. J’ai ramené ses bras dans son dos. Pris soin de les attacher, entrelacés d’une corde rouge synthétique. Ses coudes se joignent, ses mains sont libres. Elle a choisi de les joindre en un geste de prière inversé. Ses épaules sont enserrées en un nœud central desquels partent d’autres petites cordelettes miniatures, immobilisant ses cuisses écartées, pieds soutenant ses fesses. Ainsi offerte, Mina a choisi de se donner à moi. C’est elle qui guide mes mains. Le rouge synthétique de ses liens contraste avec sa peau de plus en plus blanche, froide et bouillonnante. Je ne sens plus la chaleur. Court répit dans cette moiteur abrasive. Mina est mon ultime œuvre. Je l’ai façonnée, elle l’a décidé. Je ne peux rêver beauté plus apaisante. Je prends le chemin du manège. L’observe. Tourne autour d’elle à contre temps, pour gagner quelques secondes sur cette dernière nuit. Elle est mon coeur, je suis son sang.

Enfin je m’assoie, nu. Je m’allonge. Pose ma nuque contre sa cuisse. Le regard rivé sur son visage d’ange infernal. Nos souffles s’accordent. La neige ne cesse de chuter dans un silence étrange. Nous l’entendons se poser sur nos corps dénudés. Une neige d’été, lourde, fraiche, vivifiante. Je respire mieux. Mina me communique son souffle. Je prends le rythme. Je n’ai plus chaud. Je ne tremble plus. Je suis bien. Nous avons fait l’amour durant huit nuits, pour la dernière nous laissons place à la contemplation. Pensées rouges couchées sur une page blanche. La neige finit par prendre le dessus, elle nous couvre, chaleureuse, douce, caressante, apaisante. J’ai dans ma main quatre pilules bleues, six rouges, six blanches. Mina écarte ses lèvres et m’invite àla nourrir de trois bleues, trois rouges et deux blanches. Je lui fais cette offrande. Referme ses lèvres dans un silence cristallin, un doigt posé sur sa chair rouge entraînante. Elle ferme les yeux. Je fais de même. J’en avale trois rouges et trois blanches, Mina, Jill, Leïla puissance deux. Nous disparaissons sous la neige. Mina n’est plus là, elle se fond dans la soie blanche. Moi j’oublie ces neuf nuits.

9 août 2034, Sainte Amour, Séville. Je me souviens, je l’ai perdue à jamais, c’était ce que nous désirions. Disparaître, ivre d’amour, enfin apaisés, loin de cette vie invivable. Naïk restera seul. J’ai revécu ces neuf nuits et je m’effondre, anéanti. La neuvième, l’ultime. Je n’ai plus qu’une pilule blanche façon neige dans la main. Si je l’absorbe j’oublie tout au point de m’oublier moi-même. Si je la jette, je devrai vivre sans Mina. Je ferme les yeux. Putain de mauvais mélange. J'ai choisi. Blanc complet.

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Inspiration : Jérôme Gouvrion - Mina - Enki Bilal : La Femme piège + 32 Décembre

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24 décembre 2008

Un coeur au creux des hanches 2/2

Une pointe douce mais acérée la réveilla subitement de sa torpeur. Les portes de l’ascenceur s’étaient refermées, son petit cœur s’était réveillé. Elle fut surprise, décontenancée. Elle avait apprivoisé cet ami magique dans son intimité, dans cette pièce qu’aucun amant n’avait foulé. Mais là, le lieu était autre, public, ouvert à tous, et surtout un autre était à ses côtés. La fulgurance fut totale, son petit cœur, ce dessin si naïf, se mit à battre au plus profond de ses hanches, propageant dans son antre ce rythme qu’elle aimait tant depuis quelques nuits. Quelle douce chaleur… quel embarras. Comment cacher le trouble qui venait de l’envahir de façon si entière. Elle avait la pénible impression d’être complètement dénudée, sans pouvoir ne rien faire, ni fuir, ni se cacher. Elle devait vérifier, elle devait regarder cet homme et trouver dans son regard la preuve que celui-ci ne devinait rien de sa folie. Elle trouva cette force qu’elle ne se connaissait pas. Elle avait toujours préféré fuir comme une petite fille qu’elle se refusait d’abandonner. Avant de lever la tête, elle regarda une dernière fois son reflet dans le miroir. Son image était si curieuse, impression palpable d’éclat, une beauté troublante. C’était si inadéquat, elle se trouvait là, prise par l’envie la plus intime, à côté d’un inconnu, son image aurait du refléter la peur. Au contraire elle rayonnait d’assurance et d’une beauté si féminine, instinctive.

Son regard se détacha enfin, doucement, elle était forte. Elle ne craignait plus le regard des autres. Et lorsqu’elle vit le regard de cet homme quasi-inconnu, elle su. Elle su sans aucun mot que leurs regards resteraient prisonniers et libres l’un de l’autre. Il avait dans ses yeux de cuir la même lueur que la glace lui avait renvoyée avant de quitter son visage pour celui de cet homme. Un lien invisible venait de raccrocher leurs deux mondes. Ils ne surent pas réellement ce qui se passa par la suite, mais ils vécurent leur premier instant, petite magie échappée d’un quotidien qui les avait enfermés, effacés aux yeux du monde. Dans un silence apaisant, le monde était suspendu à leurs lèvres. Aucun son. Rien. Le calme le plus total. Aucun mot mais cependant tant d’eux s’enfuyait de leurs êtres. Son cœur battait au creux des hanches, il cavalait dans son sein, elle le voulait, elle le désirait non pas comme un objet. Elle le voulait parce qu’elle savait qu’il était là pour elle, qu’ils étaient là pour eux.

Lui ne fuyait pas. Elle ne se cachait plus. Ils étaient en dehors de tout mais dans toute chose à la fois. Etrange chose que de s’abandonner à celui que l’on espère. Leurs lèvres enfin, sans un mot, scellèrent la magie de cet instant. Peu de temps après, elle tenait en sa main l’homme espéré, le guidait dans son foyer, lui offrait sa chambre. Un écrin dans lequel elle avait tant de fois renoncé à espérer inviter son prince. La petite princesse aux rondeurs encombrantes venait d’assurer sa mue, elle était femme. Si belle, irrésistible, certaine que cet homme la comprenait. Son cœur ne palpitait plus, il impulsait continuellement, il l’innondait, il la poussait, lui montrait la voie. Il rentra dans cette pièce comme si les lieux lui était incontestablement connus sans jamais la quitter des yeux. Il la déshabilla le plus lentement possible. Enjoignit ses mains autour de son visage constellé d’étoiles rousses. Et rejoignit à nouveau ses lèvres aux siennes. Le rythme se fit sourd. Il était le même en elle, le même en lui. Parfaitement accordé. Parfaitement synchrone. Le sang affluait sur leurs lèvres aux rythmes de leurs cœurs enlacés.

Une douceur exténuante s’emparât d’eux, l’esprit embué, le regard devint flou, ils s’échouèrent nus l’un contre l’autre. Une île vierge. Un espace inconnu. Toujours aucun mot. Ils n’avaient plus qu’un seul vocabulaire celui que faisait remonter leur cœur à la surface de ces deux âmes. Elle parcourait ce corps si neuf d’une main caressante, un geste doux, certain. Elle apprenait à lui parler. Elle apprenait que deux êtres pouvaient s’offrir sans mot. Il était exactement là, comme s’il l’avait toujours été. Son cœur vif marqué au creux des hanches l’irradiait comme jamais aucune des 7 nuits précédentes ne le lui aurait laissé imaginé. Il était exactement au même emplacement. Lui aussi portait le même dessin d’enfant au creux de ses hanches, un petit cœur émouvant qui rythmait ses gestes et ses baisers pour qu’ils se confondent à ceux de cette femme lumineuses. Cette découverte n’avait pas été une surprise, tout été si irréel. Ses courbes généreuses, cette femme ample, cette inconnue révélée, elle lui offrait toutes les promesses, il perdait pied, ils perdaient têtes, elle s’abandonnait à lui comme à elle, ils étaient là et plus jamais leurs regards ne se quitteraient, leurs cœurs multiples évolueraient au même rythme, sur le tempo le plus juste celui qui fait dire aux amants qu’ils ne pouvaient que se rencontrer, l’histoire était écrite comme un joli conte de Noël. Un Noël d’amour et de passion.

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© Christine Lebrasseur

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22 décembre 2008

Un coeur au creux des hanches 1/2

Elle avait choisi un petit tatouage, minuscule petit tatouage, un petit cœur qui venait se perdre à l’orée de ses hanches. Elle était la seule à connaître ce petit secret, préservé pour elle seule. C’était son intimité propre, une intimité à laquelle elle tenait de plus en plus. Comme si la partager lui aurait fait perdre une jolie partie d’elle-même. Cette intimité, elle avait fait le choix de ne jamais la partager, pas plus avec un homme, qu’avec une femme. Non pas que les uns ou les unes la laissent insensible, bien au contraire, mais elle n’avait jamais su comment franchir ce premier pas. Et puis… les quelques fois où quelques jeunes hommes avaient déclenchés leur clignotant pour lui proposer une petite balade sur les collines de la vie, ces derniers n’avaient pas semblés beaucoup plus à leur aise, alors elle avait toujours préféré faire la route en solitaire. Avec les années cette particularité était devenue ce qui la constituait, ce qui faisait d’elle cette personne unique qu’aucun n’imaginait vraiment. Ce petit cœur rose vif tatoué sur l’horizon de sa chaire immaculée, en était la plus parfaite expression, généreuse pour les autres, secrète pour elle-même, un petit signe invisible qui ne la reliait qu’à elle, une petite excentricité dans sa vie bien rangée. 

Cela faisait maintenant quelques semaines que ce cœur tout mignon ornait sa peau délicatement. Chaque soir elle observait ce signe tangible de sa différence. Elle portait désormais son cœur au creux des hanches. Lorsqu’elle avait formulé pour la première fois cette curieuse phrase, elle en avait souri de malice. Oui, étrangement son cœur se rapprochait de plus en plus de cet intime que personne d’autre qu’elle n’avait eu le privilège de visiter. S’ils savaient ! Si ses amis savaient ! Elle en avait rougi instantanément, sur son visage s’émancipait une très légère teinte rosée qui faisait ressortir encore davantage sa myriade de tache de rousseur. Ses yeux verts comme de l’herbe fraiche n’en ressortaient que d’autant plus comme embrasés par on ne sait quel incendie. Elle, elle savait… elle se trouvait belle, tout simplement, pour la première fois. En cet instant si rare, elle aimait son corps, cette nudité qui lui était si chère, cette nudité qu’elle ne partageait jamais, cette nudité qu’elle avait toujours cachée de peur d’être rejetée. « Ouh la grosse ! » disait ces camarades de jeu lorsqu’elle était à l’école, le Lycée fut l’époque encore moins subtile « du gros tas par ci, gros tas par là ». Elle avait encaissée, toujours, oui, toujours. Elle s’était détestée. Elle s’était recroquevillée, le mal au corps, le cœur en larme. 

Aujourd’hui elle savait que ce n’était pas elle qu’elle aurait du détester mais ces gamins et gamines puérils et limités. La blessure n’avait jamais disparue, une cicatrice qu’elle n’arrivait pas à refermer, grosse et moche, point barre. Mais depuis ces trois dernières semaines, elle s’était surprise à apprécier de plus en plus celle qu’elle voyait devant la glace. Elle avait d’abord regardé longuement le petit cœur, il était apaisant. Il était magique, il lui rendait une petite part d’enfance trop vite volée. Découverte de sa peau, découverte de ses courbes, généreuses, voluptueuses. De l’épicentre, de belles vagues s’étaient propagées par battement autour du discret tatouage. Et ces vagues lui faisaient redécouvrir la géographie de son corps. Un corps de femme, une femme ample, ronde et malicieuse. Plus les jours avaient passés et plus ses matins étaient ponctués de jolis sourires. Elle portait son cœur au bord des hanches et sa vie s’en trouvé éclairée. C’était bon, nouveau et exaltant. 

Les jours passaient et Noël approchait à grand pas. Au fil des jours, une étrange sensation s’était imposée à elle. Elle avait d’abord cru rêver et s’était inquiétée d’un souci médical. Après consultation d’un médecin, rien d’anormal. Mais la sensation ne cessait pas, elle s’amplifiait. Cet étrange sensation se produisait exclusivement la nuit, impression curieuse de sentir distinctement battre ce petit cœur de couleur gravée en elle. Aucun doute, il s’était mis à battre, doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Il raisonnait en elle, palpitait, s’affirmait… La sensation bien qu’étrange fut le premier soir agréable, les nuits s’enchainèrent ainsi doucement, et son cœur délicat avait diffusait en elle une sensation de chaleur, de douceur qui avait inondé progressivement son intimité. Provoquant de petites palpitations internes sans qu’aucun jouet ne soit là pour expliquer le plaisir qu’elle vivait durant ces nuits câlines. La sensation ne lui faisait plus peur, elle l’attendait chaque nuit avec impatience comme une drogue sans risque. Chaque nuit lui offrait ainsi des délices qu’elle ne s’était jamais accordée. Ses cœurs battaient à l’unisson et raisonnaient dans cet antre dont le secret était si bien gardé. Elle ne se seraient jamais cru capable d’une telle effronterie, ses mains parcouraient ses seins, cajolaient, câlinaient, elle se surprenait même à en pincer les bouts de caramel avec une étonnante assurance. Plus les nuits passaient, plus son petit tatouage répandaient en elle un rythme effréné, plus ses mains se faisaient expertes. Dans ces instants là, ces lèvres formaient de petits o, ses lèvres formaient quelques petits sons… que c’était bon. Chaque nuit était l’occasion d’un transport vaporeux, elle flottait dans un monde de coton, l’esprit libre et le corps libéré.

7 nuits à parader en rêves éveillés, 7 journées à rêver à la prochaine nuit. Son petit cœur délicat était devenu son fétiche, la certitude que la nuit lui offrirait de vivre à nouveau pleinement la femme qu’elle était devenue grâce à cette excentricité magique. La veille de Noël était arrivée rapidement finalement, aucun repas de prévu, juste un tête à tête avec son petit dessin de cœur et les promesses d’une nuit d’ivresse. Un noël assez magique au regard de celui des années précédentes. Et pourtant, rien ne se passa tout à fait comme elle l’avait imaginé… Ce soir là, elle se sentait merveilleusement belle, oui, elle était forte, mais elle était belle et que c’était bon de le dire ! Malgré le froid, elle avait trouvé au fond de ces tiroirs un petit pull de cachemire noir qui faisait ressortir à merveille sa chevelure rousse tout comme sa poitrine généreuse. Quelques taches de rousseur constellaient sa peau dénudée sertie de cachemire. Pour la première fois depuis des années, elle ressentait sur elle le poids des regards des hommes qu’elle croisait, quelques femmes avait même louchées copieusement… Cela la faisait sourire. Sur le retour du travail, elle était perdue dans ses pensées, faisant face à la glace de plein pied de l’ascenseur de son immeuble. Elle n’avait pas pris soin d’observer l’homme qui était à ses côtés, un voisin qu’elle croisait de temps à autres, tout juste un petit bonjour forcé, puis les regards qui prennent soin de ne pas se croiser. Mais ce soir là, les regards ne se perdraient pas…


a_sea_of_honey

Photo : my dear Mags

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30 septembre 2008

Approche

Cet après midi
Je veux que vous prépariez vos sens à m'accueillir comme il se doit
Je ne vous veux pas patiente, je vous veux impatiente
Je ne vous veux pas passive, je vous veux dévorée par l'attente
Je vous veux désireuse d'offrir votre peau à la caresse de mes mains
Je vous veux vêtue de rien sous votre tenue du jour
Je vous veux brulante à la seule idée de découvrir comment mes mains vont effleurer votre corps

R. 

Les consignes étaient d’une précision incontestable, je la voulais à moi. Je voulais qu’elle me prête son corps sans aucun artifice, je savais parfaitement qu’elle cèderait à cette troublante demande. Cela je n’en avais aucun doute. Mais bien plus que cela ce que je désirais c’était qu’elle se livre à moi, entièrement, sans aucune condition. 

12h00 aujourd’hui, dernier mail avant notre première rencontre. Elle ne sait rien de moi. Je ne sais rien d’elle. Nous ne connaissons que nos mots. 

Une clef vous attend. Hôtel Beaumarchais. Chambre

402. A

16 heures, vous m’y attendrez vêtue, les mains de part et d’autre de la grande fenêtre donnant sur la cour intérieure, votre regard scrutant au loin le bleu du ciel pacifié, jambes écartées, le buste vers l’avant, les hanches légèrement en retrait, votre cul saillant.

R. 

Sa réponse ne tarda pas, ses mots me faisaient incontestablement bander. 

Je suis impatiente de vous découvrir
Pour dompter cette impatience, j'évoque la patience
Pour conjurer l'emprise dont vous m'enveloppez, je me prétends sage
Les sens déjà agacés par l'attente de vous lire, je m'occupe à une tâche rébarbative.
Elle me permet de m'évader pour me préparer à accueillir ces mots
Elle laisse couver l'incendie qui peu à peu embrase mon ventre, mon cou, mes seins
Oui, je frissonne d'impatience dans l'attente de vous rencontrer.
Chaque nouveau message me fait tressaillir
Forte, prégnante est l'envie de vous lire, de laisser glisser les mots sur ma peau comme une caresse de vous
Alors je ferai ce que vous voulez
Sous le tailleur noir que je porte aujourd'hui, dans quelques instants, je vais laisser mes seins libres frottant le tissu d'un léger caraco prune, pour aller déjeuner. L'incendie les gagne déjà. Je me prépare ainsi à vous retrouver
Je me prépare pour vous, dévêtue à vos yeux, sans crainte et sans pudeur. Ardente dans l'agacement des heures qu’il me reste encore à épuiser, de la lenteur que vous mettrez à me rejoindre. Je sais que vous prendrez votre temps. Déjà je croise et décroise mes jambes, mal à l'aise devant ce clavier.J'ai besoin de vos caresses aujourd'hui
J'ai besoin de bruler sous vos mains
J'ai besoin que vous attisiez ce feu
J'ai besoin d'un vent fort qui me renverse dans l'enfer

B.

15h30, je m’installe à la terrasse du café jouxtant l’hôtel Beaumarchais. Je savoure cet instant où chacun de nous peut encore fuir devant la brulure des mots que nous nous sommes échangés. Hier il faisait de grandes pluies, aujourd’hui je profite d’un soleil encore timide mais déjà conciliant, les yeux rivés divaguant au hasard de la rue. Jusqu’à présent aucune femme n’a franchi la porte de l’établissement. Trouvera t elle la force d’aller à sa propre découverte ? Moi je n’ai plus le choix, je suis bien ici, et je ne compte pas faire demi-tour. J’aime détailler les gens qui passent autour de moi, j’aime imaginer leur vie, leurs conversations personnelles, je vois au loin une jolie petite femme, soignée, classique, brune, 40 à 45 ans, sensuelle. Son visage me charme, je devine son corps, attirant. Elle avance d’un pas hésitant, cherchant du regard les numéros des immeubles qui se présentent à elle. Cette femme me plait, un tailleur noir, jupe sobre, je me prends à rêver que c’est elle, j’aimerais déjà la croquer, la conquérir. Elle se rapproche de moi, me dépasse. Veste entrouverte, caraco prune, c’est elle. Elle est fébrile, pressée, presque tendue. Je m’amuse de sa fébrilité alors qu’elle pousse la porte vitrée de l’hôtel. 

Je laisse filer le temps, doucement, sereinement, j’avale chaque gorgée de mon nectar de pêche lentement, pour mieux saisir cet instant de l’avant. Ce moment où ni elle ni moi ne pouvons fuir devant l’évidence de l’instant imminent. Je me lève. Cette fois je sens mon cœur s’emballer. Je le laisse faire, après tout, lui aussi a bien droit quelques cavalcades. Il m’accompagne, ne cessant sa chevauchée, je m’engouffre dans le minuscule ascenseur. Je ferme les yeux, tente de saisir les effluves des parfums abandonnés dans ce réduit trop petit pour les laisser s’échapper. J’en devine un. Peut être le sien. 4ème étage. Il est encore là. Chambre 402. J’ouvre. Toujours là. C’est elle. Tailleur noir, caraco prune, sa veste posée sur la chaise, son sac à main sur le bureau. Je referme la porte sans la perdre de vue. Elle sursaute comme arrachée à ses pensées. La position est exactement celle que je lui ai demandée. Parfaite. Vêtue d’apparence, mais parfaitement nue. Elle le sait, le tissu n’est qu’une frontière bien fragile qui n’interdit nullement la sensation d’être plus que nue sous le regard de l’autre. Je ne m’approche pas. Je me mets à nu, presque nu, délaissant chaussures et chaussettes, je veux que mon approche se fasse à pas de loup. Je pose veste et chemise, je veux qu’elle puisse sentir la chaleur de mon torse. J’abandonne ma montre, je ne veux pas voir le temps s’écouler, je préfère le rendre aveugle. 

Je m’approche. Ni bas, ni collant. J’aime cet éclair de nature que laissent deviner ses jambes dénudées prises dans ses talons printaniers, une bribe de cuir enserrant délicatement ses chevilles. Ses cheveux forment un joli carré sur sa nuque à demi dénudée. Proche. Tout proche. Ma respiration sur sa nuque, chaude, brulante, et pourtant un frisson. Sa tête s’incline vers l’avant. Est-ce pour laisser la vague parcourir son échine ? Est-ce le signe d’un abandon ? de la peur ? Elle reste silencieuse. Je lui suis gré de ce silence. Je ne veux plus de mots, dominés par le corps, ils doivent désormais se faire silencieux. Ce sont mes mains qui deviendront licencieuses et non plus mon verbe. Elle, toujours immobile, la position ne lui est pas confortable, curieuse impression que son centre a glissé dans son bassin, giron lourd d’écume qui tire son ventre vers le bas. Je me penche légèrement, pose quelques doigts légers sur la peau lisse entre mollet et cuisse, ce petit plat si tendre, envie de le mordiller. Je n’en ferai rien. Je remonte, mi griffure, mi caresse, le tissu de la jupe s’immisce absolument indécent entre ses jambes. Le tissu ne protège de rien, certitude délicieuse. J’entends son souffle, son corps se tend. Se laissera t elle emporter par la caresse d’un inconnu ? Ses pensées comme son cœur doivent s’affoler en tout sens. Entre la folie des sens et la folle indécence de la situation. Mais il n’est plus possible de se soustraire. Conclusion évidente. Lèvres gonflées d’un désir impérieux. Chatte mouillée, trempée, liquéfiée, conclusion évidente. Elle gémit. Que croit-elle ? Que pense t elle ? Cherche t elle à deviner mon cheminement ? Tout comme moi, se voudrait elle télépathe ? Je n’aurais pas de réponse. Mais je sais ce que ma main vient de trouver à l’instant. Je ne fais qu’effleurer, je ne désire pas la pénétrer. Je m’arrête là ainsi, faisant le vide, détaillant sa croupe à moitié dévêtue par cette main impudique. 

Je fais quelques pas, la laissant chancelante, le corps alerté, l’esprit désorienté. Je sens qu’elle hésite à se retourner. Curiosité de poser un visage sur le guide de cette main décadente. « Non », le seul mot que je lui glisserai à l’oreille. Elle se fige. Je regrette d’avoir brisé ce silence, je la sens se raidir, ne sachant quelle interprétation donner à ce corps traqué, je lui glisse un chaste baiser sur la nuque. Dans l’instant, elle s’apaise, se détend. Un à un je prends ses poignées entre mes mains, doucement, délicatement, lentement je les ramène le long de son corps. Elle se redresse, femme libre et fière d’avoir passer cette première épreuve, cette première rencontre. Un bandeau de soie, fraiche sensation glissante et fraiche sur sa peau jusqu’aux yeux. Elle s’est laissée faire, elle dégage désormais une sérénité qui me guidera jusqu’à mon départ. J’entreprends d’effacer les couleurs sobres des tissus qui la parent. Elle est cette fois nue sous mes yeux, terriblement émouvante. Nouvelle Eve, féminité au sommet de son art. Je la contemple, elle n’est pas mon œuvre, elle appartient à tous les hommes. 

Je défais le lit, lui prend la main, la guide pas à pas, allongée sur ce grand drap blanc je vois sa peau se troubler à nouveau d’un frisson lancinant, frisson décuplé par les gouttes de crème que je dépose en de multiple point de son corps. Après l’avoir aiguisée, sens alertés, je veux désormais l’apaiser, la combler. Mes mains se mettent à relier chaque goutte blanche en un trait de peinture irisé tantôt blanc, laissant apparaître la peau au fil de sa progression. La fraicheur succède à une douce chaleur. Je me suis installé à ses côtés, jambes croisées, lotus sensoriel. Les minutes s’égrènent et son corps ne m’offre plus aucune résistance. Mes mains diffusent en elle des couleurs chaleureuses, ocres, rouges orangés, prune bleutées. Et je poursuis le dessin. Une main posée sur l’épaule, l’autre partant de ses fesses bombées pour ramener la peau par trainée un peu plus haut. J’aime la masser, son corps me communique des ondes enivrantes, impression de flottement, je voudrais poser mon visage sur son ventre pour qu’elle puisse glisser sa main dans mes cheveux. Je me concentre, elle laisse échapper par instant de petits sons qui me prouvent le bien être que je lui procure. Les épaules et le dos laissent place aux jambes fuselées. Je saisis sa cheville gauche, levant légèrement sa jambe, faisant glisser ma main sur le devant remontant vers le genou, répétant ce geste dans toute sa longueur à plusieurs reprises. Je fais de même pour sa jumelle. La peau est douce. Je lui baise le pied. Baiser insoumis marquant la royauté de l’instant. Mon pouce appuie sur chacune des deux voutes creusant un sillon qui n’imprime pas la peau en surface, mais transmettant tous les signaux de l’abandon à sa maîtresse femme. 

Je repose délicatement les jambes à même le drap, douce caresse du tissu, mes doigts ne quittent pas cette peau, je maintiens le contact, je ne veux pas la perdre et je chemine plus haut, m’attardant à nouveau sur les épaules, enserrant la nuque, pénétrant la coupe, réduisant les dernières parcelles de résistance à rien, le crane entre mes mains, cette fois elle s’est envolée me tenant la main en pensée, gardant ce fil, graduelles sensations d’une peau à l’autre, d’un monde à l’autre. Et doucement, prudemment, je quitte ce nid soyeux pour en chercher un autre, plus doux, plus chaud, plus humide, plus tendre. Mes mains se posent sous le ventre. Elles impriment un mouvement imperceptible, invisible mais ressenti, elle se retourne. Me fait face. Je ne peux résister à cette contemplation. La soie la préservant de la lumière, je vois ses lèvres rougies, légèrement humectées. Je reprends mes esprits. Mes mains se font caresses, elles entourent de belle collines, dessinent à nouveau les courbes de son corps comme pour lui offrir une dimension supplémentaire. J’oublie vite ma destination première. Des effluves d’épices me rappellent à l’ordre. La caresse se poursuit, chemine à nouveau, frôlent l’aine, mais se poursuivent, remontent, descendent, dénivelé positif, montée de sang, je vois ses hanches s’élever à chaque passage des mes doigts, recherchant une caresse que je ne lui offre pas. 

Elle se consume, s’attise, brule, demande, j’entends sa voie pour la première fois, « s’il te plait », simplement « s’il te plait ». Je ne peux résister, je ne veux pas résister plus longtemps. Mes doigts ne perdent pas le contact, glissent sur ses jambes, saisissent avec délicatesse ses cheville, je les place, dispose les jambes, grand V de toute part ouvrant le chemin de son intime palpitant. Mes mains serrant tendrement ses chevilles remontent sous ses cuisses comme une vague que rien n’arrêtera, je me penche vers elle, place mes mains sur ses hanches et c’est ma langue qui désormais prend le relais. Elle ne formera aucun mot, juste des dessins, des formes invisibles, des circuits tenaces, appuyés, plus légers, susurrés. Je m’abreuve. Que j’aime cette sensation. Goûter à l’autre, le savourer, l’entendre défaillir, supplier, se contracter, ses mains rejoignent les miennes pour la première fois, et je lèche cet antre qui m’est offert, et elle sert mes mains plus fort encore, j’insiste, elle serre, j’appuie de toute mes forces, envie d’imprimer sa peau, envie de la tatouer de ma langue cannibale, envie d’elle plus que tout, saccades, vagues, déferlantes, je sens son corps vaciller, son souffle arythmé, très longue plainte aigüe qui me comble de lui avoir prodigué ces caresses enivrantes. J’aime ces mots, j’ai aimé sa peau, j’aime nos échanges sulfureux, j’ai aimé le souffre de sa chair. Maintenant place à la lumière. Je l’embrasse tendrement et lui retire son bandeau de soie. Elle me regarde les yeux vagues, humides, me sourit. Quel magnifique après midi.


drap_e

Photo : Crawy et Hello2Lu

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22 septembre 2008

Indécente

Montre moi l'indécente qui est en toi, écarte les jambes, bien en grand.

Te souviens tu notre seule et unique fois ? Toi chez toi, moi ici. Tu ne voulais pas me laisser faire, tu voulais à tout prix prendre le dessus. Moi je voulais jouer un peu, te montrer comme je pouvais souffler sur les braises qui sommeillaient en toi. Ces braises que ranimaient chacun de mes mots. Oui, à plusieurs reprises tu as tenté de reprendre la main, mais tu savais très bien que ce petit jeu serait vain, et tu as vite baissé le pavillon pour me laisser pénétrer pleinement dans ton antre. Je me suis approché de toi, calmement, sûr du méfait que j'allais accomplir. Je voulais déjà te posséder, aujourd'hui je le veux encore plus. J'espérais pouvoir me glisser en toi, entre tes cuisses, aux interstices de tes pensées. Qu'espérais tu de moi à cette époque ? Un amant de plus ? Un homme de plus à tes genoux ? Ou simplement prendre le plaisir qui t'étais offert ?.Moi je voulais que tu sois mon jouet, ma femme marionnette. Je tirais sur les fils au travers de cette toile qui a fait de nous deux amants perdus. Je voulais te prouver que je pouvais disposer de toi là tout de suite et sans attendre.

Oui garde les cuisses ouvertes, montre moi la source, ne me cache rien.

Ferme les yeux. Mon souffle se pose sur ta nuque, l'idée de ma présence t'électrise, convulsée en ton for. Je le sais. Tu le sais. Tu ne peux pas m'échapper. Toi, tu devais te dire que cet homme recélait quelques promesses. Tu étais curieuse de voir jusqu'où je te mènerais, jusqu'où tu serais prête à aller. Le chemin est long. Mais quel délice de prendre notre temps, de semer ça et là les petites pierres qui nous offrirons la jonction, connectés. Je glisse ma main dans ta chevelure cuivrée, glisse quelques impératifs en ton sein. Laisse toi faire. Laisse toi griffer. Donne moi ta main. Je la fiche sur ma queue. Dressée, fière et pourtant si fragile. Tes deux mains sur le clavier, tes jambes toujours écartées. C'est moi qui pose les mots, qui les fixe dans ton ventre. Je te pousse. Je franchis tes dernières défenses. Oui abandonne toi, tu n'as aucune autre issue. Une main sur ta hanche, je t'attire à moi. Contre moi. Tout contre. L'idée de me contrer traverse ton esprit. Mais mon souffle l'évente. Un rythme. Une chamade. Ton cœur. Un écho si connu que ta source s'inonde. Souviens toi de cette première fois. Celle où tu ne sais pas ce qu'il va advenir. Celle où toutes ces choses te paraissent si nouvelles. Mon rythme est conquérant, il me suffit d'un mot pour te conquérir à jamais. Viens. Un mot sans détour, et voilà tes lèvres qui m'ouvrent la voix. Humides, délicates, savoureuses. Je te tiens. Fermement.

Pose tes cuisses de part et d'autre du fauteuil, montre moi ton intime.

Une fois de plus, toi rebelle. Mais pas pour longtemps. Tu me joues ton cinéma de la vertueuse. La petite mijaurée. Non. Pour moi soit mon indécente. Pose ta main sur ta chatte. Ne fait rien d'autre. Concentre toi sur cette sensation. Une petite chaleur d'abord, une brûlure ensuite. Le piège est refermé. Et ni toi ni moi n'en possédons la clef. Aucun demi tour, un chemin tout tracé. Toi et moi. Ferme les yeux. Je reste là à quelques centimètres, je t'observe, j'aime te regarder. Sur le fil, prête à chuter dans les abysses de nos désirs. Ton parfum m'enivre, odeur de ton intime. Tu clames mon prénom, tes lèvres s'ouvrent à ma langue, tu réclames un baiser. Je suis tout proche. Une main sur ta nuque. Ouvre tes yeux, regarde mes lèvres, invitantes, saisissantes de réalité. Toujours plus prêt. A peine un cil entre nos peaux. Tu me succombes. Je m'approche encore. Te désarçonne. J'éloigne mes lèvres et maintien ma prise. Ton regard me crie. Moi je me rapproche de ta gorge, offerte, sans défense. J'y plante mes crocs, te vampirise, sauvage, torture brûlante. Je te tiens. Te voilà entre mes mains, en mon pouvoir.

Presse ta main contre ton sexe, de haut en bas, écarte, encore.

Je t'avais demandé de te mettre à genoux. Mon ordre ne souffrait aucune contestation. Je te voulais nue, crue. J'ai placé tes mains sur ton cul. Ecarte tes chairs. Toi tu te défilais, tu voulais caresser ton lac. Tu voulais te décharger du poids de mes mots, tu voulais te décharger. Je te l'ai interdit. Je défais tes agrafes et libère tes deux seins. Je dépose un baiser, un de plus, bien chaste, tu ne trouves pas ? Je vais te faire brûler à petit feu. L'idée me plait. Je veux prendre mon temps. Pour moi rien ne presse, le spectacle que tu m'offres n'est pas prêt de m'ennuyer. Je voulais mon tableau et savais les objets à positionner, les touches à imprimer. J'ai imprimé ton cul. Une belle marque, rouge, blanc. Quel beau contraste. Je te contourne, du dos vers ton visage, de ton cul vers ta gorge. J'enserre ton opalescence tachetée, ils sont lourds, doux et apaisant. Je les pince car je ne veux pas t'apaiser. Je veux des orages, je veux des éclairs, je les vois dans tes yeux, je les capte, te les rends. Tu me veux ? Non. Pas un mot de plus. Ce n'est pas le moment. Laisse cette tempête sourdre en toi. Laisse moi briser tes dernières attaches.

N'oublies pas je te veux indécente, écarte encore un peu plus, montre moi.

Je joins tes mains dans ton dos, belle position d'offrande, si sage en apparence, si assaillie en réalité. Je dépose ma main sur le bas de tes reins. Juste au dessus des deux globes. Ma marque est toujours présente. Il lui faut une symétrie. Voilà qui est fait. Surprise, tu as échappé un petit cri. Délicieux. J'aime. Ton regard me hurle de te prendre. Mais non, ce n'est pas ce que je veux. Je ne veux pas posséder ton corps. Ce que je veux c'est ton âme. Ce que je veux c'est toi sans atours, sans aucun artifice, je te veux brute, pure, crue. Cambre toi d'avantage. Je ne veux voir que la brisure de ta croupe. Offre moi cette féminité, si belle, si désirable. Ma main revient sur tes seins, je les caresse, doucement, délicatement. J'imagine poudrer ta peau de nacre d'un voile de talc. Oui, une geisha, ma geisha. Un bel O sur le bout de tes lèvres, précieuse, pointilleuse, dans les moindres détails. Une belle façade, je lis au travers, derrière ton apprêt, je devine tes rêves, décadents, envoûtés, délirants. Une extrémité que je veux t'offrir. Une profondeur que tu me donneras. Mes mains parcourent ta peau pour marquer tes deux pointes. Voilà que je tire ces deux petits embouts, vers le haut, divine déformation. Deux doigts comme une pince, deux mains comme une griffe. Douleur, exquise sensation, ma féline.

Caresse toi, écarte tes lèvres, montre moi tout, montre moi ce vide de tout.

Je t'entends murmurer mon prénom, à peine audible. Cette litanie m'honore, mi homme mi dieu. Je te faire perdre pied. Tu gémis. Je m'entête, je te fais perdre tête. Tout ton être conduit à ma perte. Je veux que tes mains restent jointes. Je veux t'utiliser à mon gré, selon ma volonté, je veux te dévoiler à toi, à moi comme au monde. Cette fois à moi de te présenter mon monde. Fier. Masculin. Doux. Satiné. Fantasmé. Dure. Ton corps entame un mouvement vers mon être. Non. Ne sois pas pressée, laissons encore mijoter, laisse moi encore te conduire vers cette clairière que je te dévoilerai en temps voulu. Tu pourras t'y étendre. Une condition, y rentrer nue de tout préjugé, quitter nos armures et n'avoir crainte de rien. Je te ferai boire mon intime, transparent, paille et or. Tu ne me refuseras rien, je te donnerai tout. Tu insistes, tu la veux, tu veux prendre cette belle queue tendue dans ta bouche. Bon prince, je m'incline, juste à portée de langue, impossible de la prendre en bouche, mais visiblement tu te satisfais de ce peu, voilà que tu te mets à me taquiner coquinement. Non finalement tu renouvelles ta supplique. J'aime ton supplice.

Ne change pas de position, garde les jambes bien écartées, je me délecte de toi.

Tu coules, tu te décomposes, un flot de chaleur, magnifique dérive. Je veux te vider du superflu. Une chaleur qui devient brûlure. Mais ce n'est rien. Tu ne sais pas ce que peut être une brûlure, une véritable brûlure, celle qui emporte tout sur son passage, celle qui dévore la terre, celle qui fertilise le monde, celle que l'on ne nomme pas, celle que je veux te révéler. Cette fois je m'invite entre tes lèvres, cela n'éteindra pas ton feu, au contraire. Je te laisse me sucer comme il te plait. Lentement. Complètement. C'est doux. Je me retire et je te vois pantelante. Tu me redemandes. Trop court n'est ce pas. Tu acquiesces faussement résignée. Encore me dis tu. Tu la veux. Tu veux la sucer. Tu veux t'en délecter. Point de non retour. Une véritable petite chienne. Crue. J'aime. Debout. Cette fois tu suis mon mot. Pose tes mains sur le bureau. Je n'ai rien d'autre à dire tu me présentes ton cul. Indécente. Mouillée. Ouverte. Jambes à demi écartée. Cambrée. Provocatrice. Tu veux jouer aux petites putes. J'aime.

Montre moi. S'il te plait. Montre moi ce mystère. Exhibe toi. Nue. Absolument nue.

Toi tu m'attends. Il te manque quelque chose, tu veux combler ce vide que j'aime tant regarder. Je me recule de quelques pas. Je reluque. Le vice au fond des yeux. Le sexe dans toutes mes pensées. Caresse toi. Nouvel ordre. Impératif. Cinglant. Tu passes tes doigts sur ta fente luisante, je les vois disparaître un à un. Un jour je te caresserai de l'intérieur. Je te retournerai. J'y enfouirai ma main. Et tu m'accueilleras en criant au monde ton plaisir d'être femme entre mes mains. Tu gémis. C'est exactement ce que je veux. Que tu gémisses, que tu ne calcules plus rien, que tu laisses rebondir chacun de tes gestes, libres, libérée, libertine. Tu me veux. Combien de fois me l'as-tu dit depuis que nous avons commencé ce jeu. Je ne m'en lasse pas et je ne m'en lasserai jamais. D'ailleurs je ne te demande plus rien, je n'ai plus rien à dicter. Tu es si bien mise ainsi sur tes rails que tu devances chacun de mes mots. Tu retires tes doigts de ton sexe béant. Un filet épais tombe à tes pieds. J'aime te voir ainsi liquide, viscérale, obscène. Tu les suces, les pourlèches, une chatte bien élevée. Gourmande, garce jusqu'au bout des doigts, un mot sur tes lèvres, prends moi ! Tu continues à te lécher. Assez ! Tu continues. Magistrale cette fois, rouge, cinq doigts dessinés sur ton cul. Assez j'ai dit ! Tu cries, tu halètes. Et toujours ce mot à tes lèvres. Viens ! Viens ! Prends moi ! Prends tout !

Ecarte ! Laisse moi passer ! Obscène, vicieuse, extrême, indécente. Montre moi !

 

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01 septembre 2008

Graal

Sauvagement. Fougueusement. Je t'ai mordue. Caressée. Comblée. Flattée. Ensorcelée. Bête sauvage. Affamé. A vif. Assoiffé. Dévoré. Dévorant. Ton sang. Ta vie. Ta peau. Ta chair. Tes pensées. Tes rêves. Sans trêve. Je veux tout. Je te veux. Je t'ai faite vibrer. Déséquilibrée. Déstabilisée. Désappointée. Entre mes mains. Avec ma langue. Selon mes désirs. Suivant mes vices. Révélation. Déflagration. Explosion. Je t'explore. T'assaille. T'assiège. Prise d'assaut. Investie. Piégée. Par tous mes mots. Par tous tes pores. Tu me transpires. Me rêves. M'espères. Enfiévrée. Maladive. Enragée. Je veux être ton remède. Ton médecin. Ta potion. Ton poison. Tu me bois. Me prends. Tu me veux. Pour toi. A toi. Je te veux. Par moi. A moi. Emotive. Féminine. Authentique. Offerte. Lascive. Lubrique. Chienne. Tendre. Femme. Je te malmène. Je te marque. Je te trace. Je te façonne. De mes baisers. De mes griffures. De mes coups. De mes reins. Je m'en imprime. Multiplie les épreuves. Chevauche les calques. Dessine mon œuvre. Au plus profond. Dans tes entrailles. Chevillé au ventre. Fiché au corps. Enfoui en toi. Matrice. Renaissance. Mon eau. Ma source. O. Ma catin. Ma belle. Ma lionne. Mon Elle. Je te vole. Te sape. T'envole. Je te viole. te cajole. Te mets en cage. Te libère. Te pacifie. Mon paradis. Ma plage. Mon désert. Personne. Toi. Moi. Personne d'autre. Et surtout pas chez moi. Surtout pas dans mon antre. Je te veux salope. Tu en veux d'autres. Je te les donne. Demande. Offrande. Consomme. Sers toi. Assouvis tes besoins. Mais ne désire que moi. Attente. Folie. Utopie. Mon Graal. Je boirai à ta coupe. Je lècherai tes lèvres. Je te ferai fondre. Je ferai couler ta mer. Tu te noieras en moi. Je te veux.

billy_bofh
Photo : Monkey twizzle

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20 août 2008

Peurs

Nous nous sommes vus aujourd'hui. Je t'ai plié à ma volonté et tu ne pouvais protester. Tu aurais pu le voir hier. Evidemment tu as pris soin de me le dire après. Dès fois que... Me l'aurais tu dis s'il était venu finalement ? Tu ne sais pas ! Et cette réponse me met en rogne ! Que me disais tu pas plus tard qu'avant hier ?

Il n'y a que vous, c'est si fort, si intense, je n'arrive pas à dormir sans rêver de vous, je n'arrive pas à travailler sans penser à vous, je brûle de vous, je me caresse en douce à l'idée de notre étreinte, j'imagine votre voix et je me mets à mouiller. Je n'ai jamais ressenti cela pour un autre. Chaque matin mon cœur bat de savoir si vous m'avez laissé quelques messages. C'est si nouveau, si neuf, jamais un homme ne s'est autant investit de moi. Jamais je ne cède à un homme. Mais avec vous je ne peux résister. Je ne peux jouer les garces, je suis incapable de ne pas vous répondre. Les autres je les fais marner, je les fais poireauter, je me joue d'eux. Mais Vous, non ! Vous faites partie de moi, j'ai besoin de vous !

 Tous ces mots n'étaient ils que du vent ! Tu voulais le voir, tu le désirais ! Et oui, tu confirmes. Oui tu voulais baiser avec lui ! Oui ! Et encore Oui ! Tu ne voulais pas laisser passer deux années de lui pour quelques semaines de moi. Deux ans que vous vous tourniez autour l'un et l'autre. Deux années de reculades, deux années de feinte. Deux années à jouer au chat et à la souris ! Et moi ? 2 mois, 3 mois tout au plus ! Il connaît ton visage ! Il connaît ta voix ! Tu lui as donné ton téléphone ! Et moi ? Je n'ai rien de tout cela. J'ai subitement l'impression que tu ne me laisses que des miettes, alors que je veux tout de toi, absolument tout. J'enrage ! Je suis sur qu'il te connais dans les moindres détails. Je suis certain qu'il connaît ta chatte. Je suis certain qu'il l'a déjà vue béante, excitée, inondée. Et moi ?!! Je suis quoi ?

Vous êtes tout pour moi. Je ne veux pas vous perdre. Ecoutez moi, je vous l'ai déjà dit, et c'est vrai, je ne veux pas vous perdre, j'ai trop peur de vous perdre. Jamais un homme n'a autant compté pour moi. Avec vous je revis, s'il vous plait mon cœur.

 Tu me dis que pour moi tu as hésité. Tu veux du sexe, tu cries ton besoin de sexe, tu es en manque et malgré cela parce que je suis là tu me dis que tu avais finalement décidé de ne pas t'offrir à lui. Tu voulais le voir mais pas baiser. Je connais trop les méandres du désir pour savoir que tu n'aurais pas su résister. Je sais trop ce que c'est que de ne pas avoir sa dose pour espérer te croire. Tu insistes, tu as peur, tu ne veux pas me perdre, tu ne veux pas que je m'éloigne.

Restez, je vous en prie.

Silence. Tension. J'accepte, furieux, mais j'accepte. Après tout tu voulais une queue, pas un homme. Mais tu ne t'en tireras pas comme cela. Tu n'as pas su effacer de moi l'idée que d'autres connaissent les affres de ton corps mieux que moi. Je voudrais que tu sois ma vierge. Vierge, absolument vierge, pure de tout autre mâle. Au lieu de ça, tu me blesses, tu me fais souffrir. Veux tu voir comme je ne supporte pas cette idée ?! Cette idée d'autres en toi, d'autres sur toi ! Je vais te plier à ma volonté.

D'un geste brusque, je prends tes poignets dans mes mains. Tu les connais caressantes, cette fois tu n'auras que de la pierre. Je serre. Tu voulais les bras d'un homme, viril, puissant, te voilà servie ! Tu me regardes, un regard qui me trouble, embué presque en larme. Pour un peu je me laisserai fondre. Tu le sais, un mot de toi et je me jette à tes pieds, un mot de toi et je te serre dans mes bras. Mais je sais que ce n'est pas la douleur que je t'inflige qui fait naître ces larmes, c'est la peur de me perdre que je sais couplée au désir qui ronge ta chair depuis si longtemps.

En cet instant précis tu me veux plus que tout. Rien d'autre ne peut avoir de sens, tu sais déjà ce qui va se produire, tu sais déjà que je vais te posséder. Je ressens ton désir. Je vais t'investir, t'assaillir, te pénétrer, te déchirer, te faire gémir. Je veux t'entendre crier. Je serre plus fort, un petit cri aigu s'échappe de tes lèvres. Une larme perle sur ta joue. Je la lèche, salée comme ta chatte. Je ne veux te laisser aucun répit, je veux te faire mal comme moi j'ai mal.

Tu es à moi et à nul autre, je veux que les autres disparaissent de ton passé, je te veux pour moi, rien que pour moi ! Tu ne ressentiras jamais la douleur que tu viens de m'infliger, mais je vais t'en laisser un aperçu cuisant. Je veux que tu comprennes l'ouragan que tu déchaînes en moi. Je ramène tes bras dans ton dos, mes mains toujours serrées autour de tes poignets. Nos corps se rapprochent, ton souffle se fait court. Je bande. Tu t'es joué de moi et pour le plaisir de ce jeu, je ne suis pas prêt de laisser passer cela. Putain d'excitation ! Je dois me retenir pour ne pas te prendre sur le champ. Cela te plairait, mais j'ai mieux pour toi.

Ton corps est tendu comme la corde d'un arc, tu feins de vouloir m'échapper mais ton entrejambe se colle contre le tissu qui cache ma queue dressée. Au fond, toi et moi nous devenons animaux. Animés par un instinct plus fort que tout. Je serre encore plus fort, au maximum, cette fois la douleur a du être bien trop forte pour toi, une plainte s'échappe du fond de ta gorge entrouvrant tes lèvres, je me jette sur elles, vorace. Et tu réponds à mon baiser par un baiser déchaîné. Ta langue cherche à forcer le passage. Tu veux me happer, prendre place en moi, je te mords.

Je suis fou de toi, complètement fou, absolument dingue. Mes mains ne lâchent pas leur étreinte, je t'entraîne vers la coiffeuse et te projette face vers le miroir, je te vois de dos, ton cul imposant, et je contemple ton visage, je n'y lis qu'une incantation muette : Baise moi ! Baise MOI ! BAISE MOI ! Je relève rageusement ta robe et te donne une claque bruyante et violente sur ton cul de chienne en chaleur. Surprise ta gorge projette une sonorité rauque, féminine, expression d'une brûlure fulgurante augmentant d'un cran supplémentaire ton désir de débauche. Je ne prends pas la peine d'enlever ta culotte, je l'arrache d'un geste avec une force que je ne me connais pas.

Aujourd'hui il n'y aura pas d'obstacle entre nous. Tu romps le silence pour me crier des obscénités. Déchire moi ! Donne moi ta queue, s'il te plait, donne moi ta queue ! Mon excitation est à son comble, je n'ai jamais vécu cela, j'ai l'impression d'être complètement abruti, un homme sans cerveau, un homme complètement possédé. J'ai baissé mon pantalon de toile, sorti ma queue absolument raide de toi. J'ai vu ton regard ahuri, tu m'as crié VIENS ! SALAUD !

Et je t'ai pénétré, j'aurais aimé te fendre, te transpercer de part en part. Et je t'ai pourfendu encore ! A chaque va et viens un nouveau mot, putain, catin, pute, chienne, salope, ma délurée, ma dépravée, ma chatte, mon obsédée, ma diablesse, ma sirène, ma fée, mon ange, mon cœur, jusqu'à l'orgasme moi d'abord, toi dans mon sillage. Je t'ai prise dans mes bras nous nous sommes chuchoté des merci sans fin ponctués de baiser sur les lèvres, le front, les yeux. C'était si fort. Je ne t'en veux plus, je me suis vidé de toutes mes peurs. Toi ma diablesse, toi ma lionne, ne m'abandonne pas, donne moi ton corps, offre moi ton cœur.


Photo_chaine_F_et_Y

Photo : Hexagone

 

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15 juillet 2008

Albâtre

Il y a bientôt un mois Lilith inaugurait sur ces pages la rubrique "des mots d'elles", une rubrique consacrée aux mots de mes ami(e)s. Aujourd'hui je vous présente quelques lignes écrites par Sandy, des mots aux reflets délicats. J'aimerais un jour qu'elle crée son propre blog, elle en a les mots, elle en a le talent, je vous laisse la découvrir.

Emerger de mes ténèbres aux volutes sombres
Et me détacher sous un ciel constellé de cristaux aux goûts sucrés et ambrés
Vous me l'avez demandé
Ecriture inconnue pour des sensations nées de vous
Pour ces dunes d'albâtre ne réclamant que vos mains
Mains de velours pour emprisonner ces pierres de lune
Eclairs de diamants qui me transpercent
Eveillant l'écume de cette fleur de lotus au goût marin
Courbes de cristal, eaux en cascade encadrant une opale de feu
Eclats vifs, envie de vos offrandes laiteuses
Envie de violentes douceurs couleur de rubis, couleur de flamme
Envie de vous...

evanescence


Posté par Sandy noisette à 10:44 - Des mots d'elles - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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